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L'aventure d'un film

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14 juil 2010 JUILLET – AOUT
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….  Ca tourne… jusqu’en septembre….

05 juil 2010 LES LECTEURS
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« Ce blog est d’une grande qualite . Il repond vraiment aux questions que je me posais. Merci. Je vais en parler à ma copine (qui aimerait avoir quelques tuyaux pour maigrir), mais la meilleure solution est tout de même notre pillule X…. »

 » Est ce que votre producteur a un blog dans lequel il parle de vous ? Si vous êtes courageux, vous devriez lui proposer d’écrire un article sur ce qu’il pense de vous, et  le publier.   »

« Ca fait rire
ça fait réfléchir
ça fait angoisser
mais c’est vraiment bien »

« J’ai appris l’existence de votre blog par une connaissance commune. Je suis toujours  heureuse d’entendre parler des projets des autres, même s’ils restent des chimères! »

« Faut continuer…Je trouve tout ça très drôle et très tragique en même temps. »

 » C’est effectivement une aventure compliquée mais continue à nous raconter comment ce beau projet verra le jour en faisant attention de ne pas le mettre en danger. »

28 juin 2010 PROBLEME DE POIDS
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J’ai bien cru que tout allait s’arrêter.

Un avocat, deux juristes, un agent, une productrice, une mère, une soeur, une équipe et  une prière à la  Vierge  plus tard, on est arrivés à une solution.

Celle de faire le film.

Et vite. Dans 5 jours  je suis au Caire.

Le problème maintenant, c’est le temps.

Et le poids.

46 kilos.

C’est le maximum autorisé par Egyptair.

Pour deux mois de tournage, c’est pas beaucoup.

Et les égyptiens ne plaisantent pas avec le surpoids

Il va falloir que je renonce à certaines choses, si je veux vraiment faire ce film.

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20 juin 2010 LA PAROLE AUX LECTEURS
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Chers lecteurs,

Je ne sais plus très bien quoi faire avec ce blog.

Certains trouvent que je me tire une balle dans le pied en l’écrivant,

et que le jeu n’en vaut pas la chandelle.

D’autres le trouvent drôle. Peut-être même utile.

A vrai dire je suis un peu perdu.

Aussi, j’ai besoin de vos conseils.

J’aimerais avoir votre avis.

Lire vos remarques, vos critiques ou vos encouragements.

En attendant que je décide de la suite.

15 juin 2010 L’ARBITRE
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J’étais dans l’impasse. Et je ne voyais plus qu’une solution.

Ma mère.

Je lui ai demandé d’ intervenir, pour résoudre les problèmes qui compromettaient l’avenir du film.

Elle m’a dit : « Ne t’inquiètes pas mon fils, je prends les choses en main. Laisse moi faire. »

Et je l’ai laissée faire.

Au bout de quelques jours, elle a jeté l’éponge.

Elle m’a dit qu’il était hors de question qu’elle vienne avec moi en Egypte.

Ou qu’elle se mêle de près ou de loin à l’aventure de ce film.

Je lui ai expliqué que sans elle, mon film n’existait plus.

Elle a eu mal au coeur, mais m’a prévenu.

Il fallait peut-être que je me prépare à renoncer à ce film.

Et à passer à autre chose.

De toute façon, elle ne voyait plus qu’une seule solution.

La Vierge.

Alors, elle est partie à l’église.

Et elle a supplié la Vierge d’intervenir sur le champs.

Soit pour que le film s’arrête à tout jamais.

Soit pour que la situation se débloque le jour même.

Et croyez moi ou pas, au même moment, où ma mère priait à l’église,

mon portable a sonné.

et devinez qui était au bout du fil ?

07 juin 2010 LE FEU VERT
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Tous les coureurs sont sur les starting-blocks, prêts à bondir.

Le stade retient son haleine.

Je suis sur la piste, attendant le feu vert. Je porte le maillot numéro 10.

L’arbitre crie  » A vos marques »

On se met tous en position.

« Prêts… »

12 paires de jambes se fléchissent,  simultanément.

3 secondes …

Les athlètes sont sur le qui vive.

5 secondes…

10 secondes…

Je sens un picotement dans les doigts…

30 secondes…

Mes bras commencent à me faire mal.

2 minutes

Mais que fait l’arbitre ? Pourquoi ne donne-t-il pas le top départ ?

5 minutes.

Mon voisin montre des signes d’impatience évidents. Il ne faut pas que je me déconcentre.

Mes jambes se mettent à trembler.

25 minutes.

Je dois perdre la notion du temps.

3 heures.

C’est sûrement une stratégie de l’arbitre pour nous déconcentrer. Il faut que je tienne…

5 heures

Et s’il avait donné le signal du départ sans que je n’ai rien entendu ? Non, ce n’est pas possible…

09 heures

J’entends mon voisin s’effondrer. Il a sûrement tourné la tête vers l’arbitre…

11 heures

Il fait nuit maintenant.  Je suis seul sur le stade.

Mes soupçons deviennent une certitude. L’arbitre est rentré chez lui.

Cela ne doit pas m’affecter.

Je sais que l’arbitre reviendra. Je veux être prêt.

Ca y est, je vois les premiers rayons du soleil.

Il ne devrait plus tarder…

Mes paupières se font lourdes… j’aimerais  fermer les yeux…. juste quelques secondes.

J’ouvre les yeux. Je suis dans mon lit.

Il est 7h30.

La nuit a été épuisante.

Hier soir, le directeur de production du film m’a écrit. Il m’a expliqué que nous étions à deux doigts de démarrer le tournage de mon film.

Il attendait juste le feu vert de la production.

Il a oublié de me préciser ce qui manquait pour que la production donne son feu vert.

J’espère que ce n’est pas l’arbitre.

31 mai 2010 DE NOUVEAUX LECTEURS
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Toutes les semaines depuis un an et demi, je m’impose d’écrire un nouvel article sur ce blog.

Plus le temps passe, plus l’exercice devient compliqué.

D’abord parce qu’il est difficile d’écrire du neuf quand on fait du surplace.

Ensuite parce qu’il y a des choses que je ne peux plus écrire.

Non pas que je me sente un devoir de réserve,  (je reste convaincu que je dois raconter ce que je ressens, sans me censurer)

mais simplement parce que l’existence de ce blog ne doit pas devenir une menace pour l’avenir du film.

Ce serait tout de même dommage.

Peut-être que mon père a raison, finalement.

Il ne faut jamais rien écrire qui puisse fâcher les autres.

Il ne faut jamais rien dire qui puisse fâcher les autres.

D’ailleurs, il ne faut peut-être jamais avoir affaire aux autres.

C’est plus simple.

Hier, je suis aller voir mes parents. C’était la fête des mères.

Mon père était de bonne humeur.

Je lui ai raconté mon nouveau projet de film.

Il a commencé par me faire un compliment.

Il trouvait que j’écrivais bien. Je n’ai pas compris tout de suite de quoi il parlait.

Je lui ai expliqué que ce nouveau projet n’était pas encore écrit.

Il est revenu à la charge, insistant sur le fait que j’avais un vrai style, et que si je ne réussissais pas dans le cinéma, je devrais peut-être écrire.

Alors là j’ai compris.

Il avait découvert mon blog. Et ma mère aussi.

Et là, c’est parti…

Ils me sont tombés dessus.

Cachotier. Impudique. Inconscient. Irresponsable. Intime. Mensonger. Kamikaze.

Mon père à gauche, ma mère à droite, les rafales fusaient en stéréo.

J’ai senti qu’il valait mieux pour moi que je mette fin à ce blog.

Je leur ai promis de faire attention.

De ne plus écrire d’articles personnels,

et de ne plus les mentionner dans mes articles.

En repartant, j’ai repensé à mon père,

je l’ai imaginé devant son ordinateur,

en train de surfer sur le web,

à la recherche de mon blog.

Ca m’a fait sourire.

J’espère qu’il ne m’en voudra pas trop.

27 mai 2010 CA FAIT TOUJOURS PLAISIR
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« Je suis lecteur pour une SOFICA. J’ai lu votre scénario et il m’a vraiment touché.

Je n’ai qu’un petit pouvoir dans cette immense chaîne de décision, et je ne vous garantis pas que la SOFICA en question vous accordera son aide, mais en lisant votre blog

(parce que je fais toujours des recherches sur les auteurs que je lis), je me suis dit qu’un petit message de soutien vous ferait plaisir.

En tout cas j’ai mis le paquet dans ma petite fiche, sachez-le.

Je trouve que votre projet est magnifique et je suis sûr qu’il verra le jour.

Il le mérite, vraiment.

Bon courage pour la suite, Mr Running Man »

X…

Lecteur

25 mai 2010 LE REPONDEUR
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Bonjour ! Vous êtes sur le répondeur de  Namir Abdel Messeeh. N’hésitez pas à laisser un mêssaaage….

BIP

- Namir. C’est Hermine. Je suis régulièrement les nouvelles de ton film sur  ton blog. Mais ça fait plusieurs semaines que tu n’en parles plus. Qu’est ce qu’il se passe ?

- Salut Namir… C’est Anne.  Bon, tu n’es pas là. J’imagine que tu dois être en tournage. J’espère que tout se passe bien. Appelle moi à ton retour…

- Namir. Maxence. Darty Montmartre. J’ai bloqué tes dates de congés. Tu es donc libre du 10 juin au 09 aout, pour ton tournage comme convenu. Mais je ne pourrais plus changer les dates, parce que Félice est absent en aout.  Par contre, j’ai vérifié les plannings. Tu nous dois encore 9 jours avant ton départ. Il faut donc que tu viennes bosser toute la semaine prochaine, et celle d’après. J’attends ta confirmation.

- Salut Namir, c’est Nathalie. J’ai appris que les dates de tournage ont encore été décalées à cause d’histoires d’argent. Il faut que tu  trouves une solution assez vite. Même si tu dois renoncer à tes salaires, et à tous tes droits. Le plus important c’est de faire le film. Il faut que tu tournes cet été. Crois moi, tu n’as pas d’autres choix. Bises.

- Namir… c’est maman… j’ai bien reçu  les documents… je n’ai pas tout compris… mais je vais étudier tout ça tranquillement… je  m’occupe de  contacter ton producteur et d’en discuter avec lui, mais ne t’occupes pas de ça… je veux que tu te concentres sur ton travail de réalisateur… pour que tu puisses préparer ton film dans le calme et la tranquillité…

- Allo Namir, c’est Julien. Euh…Est ce que vous avez fixé les nouvelles dates de tournage avec la production ? Parce que j’ai une proposition de boulot en septembre, et  je vais avoir du mal à refuser. Tiens moi au courant assez vite…

- Salut Nam, c’est Nico. On me propose un film du 15 Juin au 6 Juillet. Évidemment tu es prioritaire, mais j’ai besoin d’heures. Est ce que tu peux me confirmer tes dates de tournage avant demain ?

- Bonsoir Namir, ici Thomas. Pour l’appartement que vous cherchez au Caire, c’est forcément Juin ou Juillet ? J’en ai trouvé un super, et gratuit. Mais il est libre du 28 août au 26 Septembre. Est ce que ça conviendrait ?

- Bonjour Namir, c’est Stéphanie. J’espère que ton film s’est bien terminé. Comme je ne t’ai pas beaucoup fait travailler cette année, je te propose d’intervenir sur un gros atelier de réalisation, du 15 au 30 août.  Il y a environ une centaine d’heures à la clé. Si tu refuses, je vais finir par croire que tu ne veux plus travailler avec nous… Je plaisante… rappelle-moi vite. Bises…

- Namir ? C’est Grégoire… Ça fait quinze jours que je n’ai pas de nouvelles de toi… Si tu veux qu’on parte cet été, il faut absolument qu’on signe cette semaine… Est ce que tu peux passer jeudi ?

- Namir, c’est Maman. Pourquoi tu tiens absolument à tourner cet été ? L’été au Caire, c’est insupportable. Tu vas épuiser ton équipe. En plus, c’est la saison touristique, tout est cher. Si tu veux que je vienne avec toi sur le tournage, je préfèrerais qu’on parte en hiver.

- Namir, c’est moi. J’ai eu la réponse de la crèche. Comme je reprends le boulot le 10 septembre, il  faut impérativement que tu sois rentré de tournage fin août. Sinon, ça risque d’être vraiment compliqué. Je t’embrasse…

Bonjour… Vous êtes sur le répondeur de Namir ABDEL MESSEEH…  Ce répondeur ne prend plus de messages.. Merci de votre appel.

BIP

16 mai 2010 LE COUP DE POIGNARD
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Plus que tout au monde, je redoute la violence. Je n’ai pas appris à l’affronter, ni à vivre avec.

La mienne, je l’ai enfouie, et celle des autres je la fuis.

Mais elle me rattrape parfois.

L’autre jour, Oss s’est emportée.

Elle m’a dit que j’étais un pauvre réalisateur qui n’arriverait jamais à rien.

Que ça ne l’étonnait pas que mon film n’avance pas. Et qu’il ne se ferait sans doute jamais.

Je sais pas si elle a dit ça pour me faire du mal, ou si elle le pensait.

Mais ça n’a pas loupé.

L’idée qu’elle puisse douter de moi ne m’avait jamais effleuré.

Je lui en ai voulu à mort. Et la suite m’a fait peur.

Comment avait on pu en arriver là ?

Pour la première fois j’ai imaginé ce que pouvait être ma vie sans elle.

Et lequel de nous deux souffrirait le plus.

Je crois bien que c’est moi.

J’ai cherché les responsables de cette situation.  J’en ai trouvé plein.

Je les ai jugés coupables, et condamnés dans mon tribunal imaginaire.

Mais je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même.

Je m’étais pas rendu compte à quel point elle avait été là pendant ces années, à me soutenir, à se rendre disponible.

Sans que je prenne conscience qu’elle vivait elle aussi, des moments difficiles.

Qu’elle aussi avait parfois besoin de soutien.

J’étais tellement pris dans mes questions de film, et mes problèmes de production, que je ne faisais plus attention à elle.

Et elle venait de me le rappeler.

C’était comme un coup de poignard.

Des paroles d’une chanson me sont revenues à l’esprit. Des paroles que je connaissais par coeur, mais dont je n’avais encore jamais compris le sens.

« Rien n’est jamais acquis à l’homme,

ni sa force, ni sa faiblesse, ni son coeur,

et quand il croit serrer son bonheur,

il le broie

sa vie est un étrange et douloureux divorce

Il n’y a pas d’amour heureux… »

Nous sommes sortis en silence. On devait aller chez un ami.

Ils nous avait laissé les clés en son absence. Pour nourrir son lapin.

On a voulu ouvrir sa cage. Mais le lapin nous regardait bizarrement.

Il avait peur de nous.

Et nous on avait peur de lui.

On est resté pendant 10 minutes à se demander comment ne pas se faire attaquer par le lapin.

On s’est senti très cons. Ça nous a bien fait  rire.

Puis on s’y est mis.

A deux, tout est mieux.

12 mai 2010 PROBLEMES D’IDENTITE
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Notre fille s’appelle Mathilde ABDEL MESSEEH.  On lui a choisi un prénom bien français, pour qu’elle n’ait pas de problèmes.

Parce que Namir, je sais pas pourquoi, ça passe pas. On m’appelle souvent Mounir, Samir, Nabil, Némir, Nassim.

Pour le nom de famille, on a un peu hésité avec Oss. Finalement  on s’est dit  qu’un jour peut-être, Abdel Messeeh serait un nom reconnu, et que les gens sauraient le prononcer correctement.

Et puis, comme elle était en partie française, en partie égyptienne, elle avait les deux identités avec un prénom français et un nom arabe.

On a voulu lui faire des papiers. Le photographe a fait des photos horribles.

Puis il les a retouchées sur Photoshop. C’était pire. Il nous a expliqué que c’était pour que la photo soit aux normes.

Alors, on s’est dit c’est pas grave.

A la préfecture, on a déposé les photos. Le passeport et la carte d’identité seraient prêts dans deux mois.

Quand on est allés récupérer les papiers, on nous a expliqué que le passeport avait été refusé.

La photo n’était pas aux normes.

Mais que la carte d’identité était prête.

Car la photo était aux normes.

Ca m’a rappelé de vieux souvenirs.

Du temps où j’avais honte de m’appeler Abdel Messeeh.

On est repartis faire des photos.

Sur le chemin, j’ai rassuré OSS, en lui expliquant que ce n’était pas si grave.

Mathilde avait au moins sa carte d’identité.

Son prénom français lui avait porté chance.

peut-être qu’un jour, son nom aussi lui porterait chance.

On a rigolé. Puis on a regardé la carte d’identité.

Notre fille ne s’appelait pas Mathilde. Mais Maltilde.

Quant à son nom de famille, Abdel Messeeh était devenu Abdel Messeem.

On aurait peut-être du lui donner le nom de sa mère….

***

mathilde identité retouchée copie

04 mai 2010 UNE SEMAINE DE NOSTALGIE
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La déclaration d’impôts, ça me rends nostalgique.

Il faut dire que j’ai opté pour les frais réels.

Comme je travaille à mon domicile, un conseiller fiscal m’a expliqué que j’avais le droit de déduire une partie des charges de mon appartement, mes achats de fournitures, de matériel informatique, ainsi qu’une partie de mes frais de repas à l’extérieur.

En épluchant mes dépenses pour faire le calcul de mes frais réels, j’ai revu défiler l’année 2009.

Les photocopies pour le dossier de l’avance sur recettes, mes derniers trajets en train à Orléans (chez mon ancien producteur), le rachat de mes droits avant de signer chez mon producteur actuel.

Je me suis rendu compte que j’avais fait beaucoup de dépenses cette année.

Et que mon film m’avait coûté bien plus cher qu’il ne m’avait rapporté.

Pour la première fois depuis longtemps,  je ne paierai pas d’impôts cette année.

26 avr 2010 L’OREILLE D’UN SOURD
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Samedi à Darty, un client est venu m’acheter une télévision.

C’était un réalisateur ouzbek. Il venait de terminer son premier long-métrage.

Il avait les deux bras dans le plâtre.

Je lui ai demandé avec qui il avait travaillé.

Il m’a répondu qu’un film, c’est une guerre. Et qu’un réalisateur, c’est  un général sur un champ de bataille.

Mais qu’il était content, parce qu’en France, c’est quand même beaucoup plus facile qu’en Ouzbekistan.

***

Mon producteur a lu mon blog.

Il m’a fait remarquer que mes articles pourraient ne pas tomber dans l’oreille d’un sourd.

C’est vrai que je pourrais me contenter d’écrire un journal de bord.

Sans  le publier sur internet.

Ou en limiter l’accès par mot de passe.

Du coup,  je me suis demandé pourquoi je faisais ce blog.

Et pour qui.

Au départ, c’était pour les futurs spectateurs de mon film.

Je pensais qu’en racontant la manière dont le film se faisait, je pourrais les intéresser, et leur donner envie d’aller le voir au cinéma, le jour de sa sortie.

Ca fait maintenant quatre ans que je travaille dessus.

Et il m’arrive parfois de me demander s’il sortira jamais au cinéma.

A défaut,  si le film ne se fait pas, j’aurais au moins fait un blog.

Et avec un peu de chance, ce blog pourrait me servir de base pour un prochain film.

Un film qui raconterait l’histoire d’un type dans une maison de retraite, qui prépare, depuis 58 ans, son premier long-métrage.

19 avr 2010 VACANCES
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Pas d’article cette semaine.

Juste du repos. Loin de Paris.

Au soleil. Et en famille.

Ca fait du bien.

12 avr 2010 LES ESSAIS
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Avec mon producteur nous sommes tombés d’accord : il faut finir le film rapidement, plutôt que de repartir  en recherche de financements.

J’ai décalé mes congés à Darty en assurant à mon directeur que c’était la dernière fois.

Mon producteur a lancé la  demande de chiffrage auprès du CNC. Début mai, on saura avec quel budget exact on fait le film.

Et tous les sacrifices que cela impliquera.

Il reste encore à savoir si l’équipe acceptera les nouvelles conditions salariales.

Je ne me résoudrais pas à partir sans Julien et Nicolas, même si je comprends qu’ils n’acceptent pas de travailler pour le tiers de leur salaire.

A la différence d’un réalisateur, ou d’un producteur, les techniciens n’ont pas de retombées financières, ou artistiques en cas de succès d’un film.

Le réalisateur y laisse sa signature. Le producteur l’ajoute à son catalogue qu’il exploite ensuite pendant 30 ans. Ce qui paraîtrait  juste serait de proposer aux techniciens un pourcentage sur les recettes  d’un film.

Plus que des techniciens, Julien et Nicolas sont des collaborateurs précieux. Curieux et sensibles, ils ont l’avantage de connaître les principaux personnages du film.

Et d’être appréciés de ma mère.

Avec Nicolas, nous avons effectué des essais. Maintenant que la pellicule est abandonnée, il faut choisir une caméra vidéo pour la suite du film.

C’est ma mère qui nous a servi de cobaye.

On l’a filmée en train de courir le long du Canal par une matinée ensoleillée. Avec chacune des caméras.

Et à chaque fois ma mère courait 20 mètres et faisait demi-tour.

Au début j’ai cru qu’elle était fatiguée.

Mais je ne m’expliquais pas pourquoi elle revenait toujours en rigolant.

J’ai voulu en avoir le coeur net.

J’ai commencé à courir à ses côtés.

Et je me suis arrêté au bout de 20 mètres.

Devant nous, à l’intérieur d’une voiture, un couple de vieillards était en train de s’envoyer en l’air.

Ma mère s’est tournée vers moi.

 » Je comprends mieux pourquoi tu fais régulièrement des footings le long du canal… »

05 avr 2010 RENDEZ VOUS AVEC JO
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Quel étrange personnage que ce Jo.

Il a flirté avec le pouvoir égyptien.

Fait des films à la gloire du régime.

Puis des films contre le régime.

Ce qui, pour un cinéaste, est toujours mieux que de ne pas en faire.

En revoyant la rétrospective que lui a consacré le Magic Cinéma, j’ai été assez rassuré de voir qu’un grand cinéaste pouvait aussi rater des films.

Les films de Chahine ne m’émeuvent pas beaucoup. J’ai pourtant une grande admiration pour ce cinéaste.

Et si la plupart de ses films parlent de politique, leur vérité me semble être ailleurs que dans les discours, et les prises de position.

Elle est dans sa passion sincère pour l’Egypte et ses habitants, et son amour pour les acteurs, souvent inconnus, à qui il a su donner leur chance et souvent leurs meilleurs rôles.

Et sa grande force réside dans son inventivité, son énergie, et sa recherche de liberté.

Alors tant pis si certains de ses films ont mal vieilli.

Dans un de ses films, Chahine fait dire au personnage d’Henri Langlois  « Le gouvernements passent, moi je reste ».

C’est peut-être une bonne définition du cinéma.

Alors merci, Monsieur Jo.

28 mar 2010 SEMAINE
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Sucres. J’ai pris trois kilos. Me suis gavé de glaces, de café, de chocolat et d’abricots secs.

Enervement. Je me suis disputé avec Oss. On a discuté sur  le sens de nos vies, notre nouveau rôle. On s’est demandé comment rester un couple,  tout en étant des parents. On s’est réconciliés.

Maman. Elle m’a donné des conseils.  Sur la manière d’envisager la suite du tournage.

Adaptation. Un célèbre roman égyptien dont j’ai décidé de faire un film. J’ai démarché l’auteur pour obtenir son accord.

Indécis. Je suis resté des  heures à me demander s’il valait mieux appeler mon producteur ou lui écrire un mail.

Négociés. J’ai signé pour quatre jours de travail chez Darty. Pour rattraper des heures d’absence, liées au tournage.

Esseulé. Oss est allée à Lyon avec Mathilde, voir sa famille  J’ai redécouvert les journées silencieuses, et les soirées de célibataire.

Semaine.

22 mar 2010 WONDER WOMAN
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J’ai appelé ma mère.

Je voulais lui parler du film. Devant une caméra.

Elle m’a reçue chez elle, après son brushing chez l’Oréal.

Elle m’a regardé allumer mon caméscope, faire mes réglages, patiemment.

Lorsque je lui ai annoncé que les réponses des diffuseurs étaient toutes négatives, et que le montant de l’avance sur recettes, une fois déduits les 50 000 euros que la production avait dépensés, ne suffirait pas à terminer le film, à moins de tourner la suite avec mon caméscope, elle a compris que la situation était grave.

Elle a commencé par me dire que c’était de ma faute, que j’avais fait une série de mauvais choix, et que je venais de foutre en l’air trois années de ma vie.

Il ne me restait plus qu’à  me mettre à travailler sur un nouveau film.

Puis j’ai senti la colère monter en elle.

-    Namir , Je ne te dis pas ça parce que je suis ta mère, mais je crois en toi. Même si je ne connais pas ton scénario, je sais que tu es un bon réalisateur. Intelligent et expérimenté. Alors, tu dois  terminer ce film. Coûte que coûte. Ton producteur est responsable de cette situation. Il devra  en assumer les conséquences. Quant à toi, tu devras  faire de grosses concessions.

Puis elle a montré du doigt mon caméscope.

- Mais aucune qui soit au détriment de tes exigences artistiques.

Elle, qui ne connaissait pas grand-chose au cinéma, avait compris que l’argent était le nerf  de la guerre, que le métier de réalisateur consistait à faire des choix parmi des contraintes  dictées par l’économie. Que le risque pour mon producteur était au pire, de perdre de l’argent. Tandis que le risque pour moi était de perdre beaucoup plus.

Puis elle a soupiré.

-   Tu as toujours eu un problème avec l’autorité. Je suis sûre que tu t’y prends mal avec ton producteur. Si tu veux, je viens avec toi. On va négocier avec lui la suite du tournage.

J’ai souri.

-   Mais d’abord, il faut que tu m’expliques : Qu’est ce que tu veux aller filmer  dans notre village ? Et quel est le rapport entre notre famille et les apparitions de la Vierge ?

Il était peut-être temps que je lui révèle de quoi parlait le film. Et qu’elle en était un des personnages principaux.

15 mar 2010 LA COLONNE VERTEBRALE
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Mon producteur est vraiment bizarre.

Il est toujours à son bureau au téléphone, avachi sur son siège, le regard torve. Jamais je ne l’ai vu marcher, descendre les escaliers ou traverser la rue.

Quand nous avons signé ensemble, il m’avait convaincu : Arte ne pouvait pas lui dire non, Canal Plus ne lui avait jamais refusé un film, et il connaissait très bien les gens de la fondation GAN. Quant aux distributeurs, ils étaient dans la même cour que lui.

Dans un an, le film serait terminé.

Les semaines ont passé.

A chacun de nos rendez-vous, je le retrouvais assis à son bureau, au téléphone. Même regard, même position. J’avais la sensation étrange qu’il ne quittait jamais son fauteuil.

Une fois, il m’a proposé de déjeuner avec lui. Je l’ai attendu au restaurant, guettant son arrivée. Mes doutes allaient enfin être dissipés. Le téléphone a sonné. Un empêchement de dernière minute l’obligeait à rester au bureau. Mon intuition est  devenue une certitude : Mon producteur n’avait pas de colonne vertébrale.

Les mois ont passé.

Arte ne lui avait pas dit oui, Canal plus n’avait pas répondu, et les distributeurs étaient restés muets. Il m’a expliqué qu’il avait fait son maximum, abattu toutes ses cartes. Scénario difficile, sujet pas commercial, réalisateur débutant, et premier montage décevant. Il m’a conseillé d’attendre. J’ai attendu la suite de sa phrase. Nous sommes restés un moment silencieux. J’ai compris qu’il voulait se désengager du film. Mais il avait signé un contrat, dépensé de l’argent. Il était bloqué.

On s’est dit au revoir.

Je l’ai laissé à son bureau, pressé de respirer l’air frais de la rue.

La porte de la production a claqué derrière moi.

Je me suis éloigné d’un pas vif.

Puis je me suis arrêté dans la cour. Sans savoir pourquoi, j’ai levé les yeux à la fenêtre.

Son fauteuil était vide.

En me retournant pour partir, j’ai entendu un craquement brutal.

J’ai d’abord cru que j’avais marché sur une branche.

C’était ma colonne vertébrale.

08 mar 2010 UN PRODUCTEUR SUPERSTITIEUX
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Il y a quelques jours j’ai reçu un mail de mon producteur. On communique beaucoup par mail. (Ca nous oblige à réfléchir avant de nous parler) laissant le téléphone pour les discussions vraiment importantes. Il était sur le point d’aboutir avec un distributeur. Il était très enthousiaste. Mais comme il était superstitieux, il n’a pas voulu m’en dire plus. J’ai essayé de ne pas trop y prêter attention.

J’ai donc  passé ma semaine à faire du montage.  Monter un film, c’est compliqué et passionnant : il faut voir des dizaines de fois les mêmes scènes, tout en se mettant à la place du spectateur qui les découvrira pour la première fois. Jeter un regard neuf sur ses rushes, en essayant de gommer tous les souvenirs du tournage. Perturber la chronologie des évènements pour faire émerger un récit, une structure  et donner du sens aux images, et un rythme à l’histoire.

Quand on est le personnage principal du film, qu’on est dans tous les plans, et qu’il n’y a même pas le regard d’un monteur pour vous aider à prendre du recul, cela demande un degré de lucidité très élevé.  J’ai fini ma semaine, épuisé. Mais content.

J’ai voulu appeler mon producteur pour lui montrer le montage, mais je n’ai pas osé. J’ai préféré attendre la bonne nouvelle : il avait signé avec un gros distributeur.   J’imaginais déjà mon film à l’affiche.

J’ai attendu son coup fil. Et j’ai reçu un mail.

« Namir,

Pour pouvoir partir en tournage rapidement, voici ma proposition.

- On laisse tomber le super 16mm,  et on tourne le film avec le canon 7d (un appareil photo haute définition).  Ce n’est pas un truc de clochard mais une vraie solution pour des films difficiles comme le tien.

- On passe de 10 semaines de tournage à 8.

- Ton salaire sur l’ensemble du film passe de  21 000 à 12 000 euros.

- L’équipe passe de 7 personnes à 4. Il n’y a pas d’assistant caméra, pas d’assistant réalisateur, pas de directeur de production.

-Il n’y a pas d’éclairage ni de machinerie.

-il n’y a pas d’imprévus, pas de budget cadeaux, bakchich, ni de salaire pour aucun des personnages du film.

Dis-moi ce que tu en penses. »

J’ai relu son mail attentivement.

Il avait oublié de me dire pour le distributeur.

02 mar 2010 DU BONHEUR DE TRAVAILLER A LA MAISON
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Après ma semaine d’interventions en Picardie, ou j’ai sauté de train en train, couru de collège en lycée,  je suis rentré à la maison, extenué. Content de pouvoir enfin reprendre le travail sur mon film. J’avais pris du retard, et il me fallait finir le plan de travail, tourner quelques séquences, les monter, et préparer une réunion avec mon producteur.

Mais j’avais négligé un détail : Oss était en congé maternité.

J’aurais peut-être du déménager mon bureau dans la cave, ou lui offrir des vacances en Alaska.

Avec Oss, on a toujours eu des divergences. La vaisselle par exemple. Avant, j’étais du genre à tout mettre dans le lave vaisselle. Et s’il y avait des assiettes qui ressortaient sales, je les relavais ensuite.  Oss elle, était plus  prévoyante. Elle rinçait si bien les plats avant de les mettre dans le lave-vaisselle que j’avais l’impression qu’ils étaient déjà propres.  Je la traitais de maniaque, elle me traitait de cochon. Et on en rigolait.

Mais Mathilde est arrivée.

Hier, Oss m’a demandé de stériliser le biberon après une tétée. J’ai préféré le rincer. Par paresse. Et puis, je me disais  que s’il y avait quelques microbes qui traînaient, ça n’était pas si grave.  Oss s’est mise en colère, m’accusant de vouloir envoyer Mathilde  à l’hôpital. Elle m’a traité de criminel. Je l’ai traitée de psychopathe. Mathilde s’est mise à pleurer. Oss a commencé à crier. Le téléphone a sonné. je n’ai pas voulu décrocher. Oss a claqué la porte.  Et le biberon est resté sur l’évier.

J’en suis venu à regretter ma semaine d’interventions en Picardie.

23 fév 2010 QUESTIONS D’ARGENT
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- Est-ce que vous vivez de votre métier ?

- Ça gagne quoi un réalisateur ?

- Et votre film, il coûte combien ?

J’étais venu pour parler de cinéma à  des élèves de lycée professionnel, leur faire découvrir des films que j’adorais.

Le professeur m’avait prévenu : « Vous êtes dans un lycée professionnel, vous allez voir, c’est terrible…. « .

« - Qu’est ce qui est terrible ?  De vous avoir comme professeur ? »

J’aurais pu m’abstenir.

Alors, non. Je ne vis pas totalement de mon métier de cinéaste.

Je vais deux à trois fois par mois dans des lycées pour rencontrer des élèves, ou animer des ateliers pratiques. Payés 90 euros la demi-journée, ou 150 euros la journée.

Je travaille aussi tous les samedis comme vendeur de télés chez Darty. Ce mois-ci, j’ai touché 283 euros. J’ai vendu peu de garanties 5 ans. La faute à France Télevisions. « Envoyé spécial » a diffusé un reportage sur les extensions de garantie en expliquant que c’étaient des arnaques. Beaucoup de clients me sont tombés dessus.

Parfois je touche des droits d’auteurs.

Parfois même, mon producteur me paye sur les heures travaillées sur mon film.

Enfin pas depuis 6 mois.

Comme j’ai encore mon statut d’intermittent jusqu’en mai, je touche aussi 30 euros par jour non travaillé.

Le budget prévisionnel de mon film est de 600 000 euros. Mais on n’en a que  200 000. Et on risque de faire le film avec pas beaucoup plus.

Les élèves m’ont écouté en silence.

J’ai essayé de les rassurer en leur expliquant que j’adorais mon métier, et qu’on pouvait faire des films formidables.

« L’esprit de la ruche », « L’armée des ombres », « Le chagrin et la pitié », « Los olvidados ».

Je  sais pas s’ils ont aimé les extraits que je leur ai montrés, ou s’ils ont eu pitié de moi.

En tout cas,  j’ai jamais vu une telle attention dans une classe.

08 fév 2010 QUEL REALISATEUR ETES VOUS ?
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Cette semaine, je l’ai passée à faire des calculs.

Combien de minutes de pellicule me faudra-t-il  pour tourner la scène du taxi ? De combien de bobines aurai-je besoin pour tourner l’intégralité du scénario ?

En sachant qu’une bobine de pellicule dure 10 minutes en tournant à 25 images/seconde, combien de secondes est ce que je gagnerai en tournant à 24 images/seconde ?

Est ce que 3 heures de tournage vont suffire  pour la séquence 27 ? Quelle est la durée du trajet  entre la maison de mon oncle à Gizeh et l’église du père Yohana à Zeitoun ?

En tenant compte du temps de tournage par séquence, du temps de transports, du temps de chargement et de déchargement du matériel, des jours de voyages,  de repos, et des imprévus,  combien de semaines seront elles nécessaires pour tourner les 123 séquences du film ?

Et dans quel ordre vaut il mieux tourner ? Faut-il commencer par la scène de repas avec mes parents ? ou par la scène de confrontation entre ma mère et mon producteur ? Faut-il garder les scènes les plus difficiles pour la fin du tournage ? ou au contraire commencer par le plus dur ?

J’ai rentré tous ces calculs dans un immense tableau. Et j’en ai tiré des conclusions. Que je vais soumettre demain à mon producteur.

Le problème avec mon producteur, c’est que la dernière fois que je lui ai demandé quatre semaines de tournage, il m’en a accordé deux. En m’expliquant que c’était mieux que rien, et que je devais m’estimer heureux.

Alors j’ai deux possibilités.

Soit je gonfle mes estimations, pour qu’après notre réunion, je puisse retomber sur mes pieds. C’est ce que font  les réalisateurs malins.

Soit je commence dès maintenant à réfléchir aux scènes que je suis prêt à  supprimer. C’est ce que font les réalisateurs pragmatiques.

Soit je ne vais pas à la réunion de demain.

C’est ce que font les réalisateurs qui ont de bonnes excuses.

Comme un bébé qui a pleuré toute la nuit.

02 fév 2010 LA TROISIEME VOIE
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Ca y est.

Avec mon producteur nous avons décidé de repartir en tournage.

Coûte que coûte.

Nous commençons donc la préparation du film dès maintenant, pour un tournage mi-avril.

Avec toutefois une grande inconnue : le budget.

Nous avons donc envisagé deux hypothèses.

La première : Arte, Canal Plus, et un distributeur achètent le projet sans réserves dans les quatre semaines à venir. Nous pourrons alors terminer le film en pellicule super 16mm, et tourner pendant 10 semaines.  Avec éventuellement une deuxième caméra plus discrète, et un steadycam pour des mouvements d’appareil  fluides. L’ équipe serait composée de  7 à 8 personnes.

La deuxième. Tout le monde dit non. On se retrouve alors  à terminer le film avec simplement l’avance sur recettes. Ce qui signifierait tournage en vidéo,  équipe réduite à 4 personnes,  temps de tournage restreint, et support final indeterminé.

Je m’entraîne tous les soir à me convaincre que  les deux peuvent donner un bon film.

Mais une question ne cesse de m’obséder.

Que se passerait-il  si tout le monde disait peut-être ?

J’ai posé la question à mon producteur. Il a eu l’air très embarrassé.

Ce serait pour lui la pire des solutions. Il serait contraint de lancer un tournage sans savoir quel budget il aura réellement.

il m’a répondu qu’il se débrouillerait pour que cela n’ait pas lieu.

Je lui souhaite donc que les diffuseurs ne soient pas comme moi.

Quand j’ai le choix entre deux hypothèses, je choisis toujours la troisième.

26 jan 2010 UN AN
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Il y a un an, j’ai  eu envie de créer ce site.

Je voulais écrire un blog pour raconter  ma vie de cinéaste au quotidien, et retracer ainsi ma trajectoire  jusqu’à la sortie de mon film en salles.

Je m’étais juré que mon film serait fini avant la fin de l’année.

L’année 2008 s’était achevée de manière dramatique. J’avais appris, presque simultanément, la perte de notre premier bébé à Oss et à moi , et le rejet de mon  film à une commission du CNC sur laquelle je comptais énormément.

Pourtant ces évènements ont été salutaires sur un point : ils ont renforcé ma détermination, et m’ont permis de découvrir en moi des ressources insoupçonnées.

En 2009, j’ai voulu m’investir dans des missions menées par la SRF, société des réalisteurs de films. J’ai commencé à aller à des réunions pour  défendre les droits des cinéastes,  et être un individu engagé, mais l’action collective ne me réussit pas. Pas encore assez confiant  pour imposer mes idées devant les autres. Ou peut-être simplement pas assez démocrate pour supporter le point de vue de chacun.

En 2009, j’ai obtenu l’avance sur recettes, j’ai fait la rencontre de Grégoire.  Je me suis embrouillé avec mes anciens producteurs d’Alter Ego. Depuis, je travaille avec Grégoire chez Lazennec. Nos relations sont compliquées, et souvent conflictuelles, mais son ambition m’a permis d’avancer, et de m’affirmer davantage.

J’ai aussi rencontré des techniciens formidables avec qui j’ai pu travailler en toute confiance, et qui m’on accordé un soutien très précieux dans des moments parfois très difficiles avec mon producteur.

J’ai appris la grossesse d’Oss, découvert avec joie que nous allions avoir une petite fille. Elle était prévue pour 2010, mais j’espérais qu’elle arrive avant la fin de l’année. Non par impatience. Juste pour payer moins d’impôts. Oss m’en a un peu voulu.

En 2009, j’ai repris des cours de conduite.  Maintenant, je traverse même le rond-point des champs-élysées aux heures de pointes. Un futur père doit tout de même avoir certaines responsabilités.

En 2009, je crois que j’ai aimé Oss encore plus qu’en 2008, que je me suis aussi rapproché de mes parents,  de ma famille et de celle d’Oss.

En 2009, j’ai été capable pour la première fois de répondre sans rougir, baisser la tête, ou détourner les yeux, à quelqu’un qui me demandait ce que je faisais dans la vie. Et d’assumer que j’étais cinéaste.

En 2009, j’ai eu pour la première fois la sensation de savoir quel type de cinéma je pourrais être capable de faire.

En 2009, j’ai aussi pris un kilo. Mais  j’ai découvert la langue de bœuf,  la joue, le museau, et j’ai même mangé une tête de porc.

En 2009,  j’ai continué à télécharger des films malgé l’opposition d’Oss. Mais je suis aussi allé au cinéma. Au total, j’ai  vu  43 longs-métrages sur les 507 sortis en salle en 2009.

Mon préféré a été un film roumain, les « Contes de l’âge d’or ». et les deux que j’ai trouvés les plus pourris ont sans doute été «  Fais moi plaisir » d’Emmanuel Mouret  et « Le Concert » de Radu Mihaileanu.  Je peux pardonner à un cinéaste de rater un film, mais pas d’être un paresseux.

En 2009, je n’ai toujours pas terminé mon film.

Mais  j’ai grandi.