Warning: Missing argument 2 for wp_widget() in /home/namirade/www/wp-includes/widgets.php on line 76
L'aventure d'un film » 2011 » novembre

Archive for ◊ novembre, 2011 ◊

28 nov 2011 9 – LE DISCOURS
 |  Category: CINE BLOG  | Leave a Comment

(Namir monte sur scène, sous les applaudissements du public.)

« Merci  au public pour leur accueil formidable à la projection.

Pour l’amour qu’ils ont exprimé pour ce film en cours de fabrication. Et qui m’a confirmé que « La Vierge » pouvait avoir une portée universelle, tout en parlant d’une histoire très personnelle.

C’est mon premier film : j’ai essayé des choses. J’en ai  réussi certaines, et raté d’autres.

Mais j’ai pris des risques, et le soutien du jury pour cette prise de risque m’encourage.

Lorsque ma mère travaillait à l’ambassade du Qatar en France,

pour l’anniversaire du fils de l’ambassadeur, j’ai été invité au cinéma

J’avais dix ans.

C’etait la premiere fois qu’on m’invitait au cinéma.

Le film était très mauvais. Mais j’étais heureux.

J’ai découvert il y a quelques jours que l’ambassadeur du Qatar est devenu ministre de la culture.

Monsieur le ministre,

Merci de continuer à nous inviter au cinéma

et de soutenir les cinéastes arabes,

J’espère que les pays arabes,

finiront par comprendre à quel point il est nécessaire

De soutenir leurs auteurs,

Et de leur donner les moyens de s’exprimer,

au lieu de  censurer les films sous prétexte qu’il abordent des questions religieuses…

Notre culture, c’est notre identité.

Grace à ce prix, et à l’argent qui l’accompagne,

Je vais enfin payer les techniciens qui ont travaillé gratuitement avec moi

depuis des mois.

Le film est pas encore fini, et il reste  des modifications à faire.

Ca risque de prendre encore du temps : ma mère a vu le film

Et a décidé de reprendre  tout le montage

Elle est maintenant ma productrice….

J’espère juste que ca se finira pas en procès.

Merci encore…. »

(Applaudissements. Namir descend de scène. Fondu au noir)

FIN DU FLASHBACK.

22 nov 2011 08 – LE PRIX
 |  Category: CINE BLOG  | Leave a Comment

J’avais tout misé sur Doha.

Il fallait que je revienne avec un prix.

Je n’avais pas le choix.

Il fallait payer la post-production, les techniciens, et rembourser les dettes.

Le premier jour, ma mère m’a mis en garde :

« Attention Namir, ne t’attends pas à avoir un prix. Après tu seras déçu, et ça te fera du mal »

Le deuxième jour, on a projeté le film. Ma mère a beaucoup rigolé.

Après la projection, elle s’est tournée vers moi :

« On règlera nos comptes plus tard ».

Peu après,  un groupe est venu nous voir.

« Madame, vous pouvez être fière de votre fils ».

Puis ils sont partis.

En regardant le catalogue du festival, on a reconnu les membres du jury.

Le soir même, ma mère m’apportait un discours de deux pages qu’elle souhaitait lire lors du palmarès.

Je lui ai conseillé de garder la tête froide, et de ne pas trop s’emballer.

« Maman, ne t’attends pas à avoir un prix. Après tu seras déçue, et ça te fera du mal »

***

« Namir, un discours, ça doit être court. Léger. Et positif. Surtout pas de choses négatives : Ca se retournera contre toi. Il faut que tu termines par un truc drôle, ou  personnel, pour que les gens se souviennent de toi. Par exemple, je sais pas moi, si ta mère monte sur scène pour te piquer ton prix… ou autre chose… mais par pitié, évite les remerciements qui durent des heures. Tout le monde s’en fout. ».

Lorsque le jury a annoncé mon nom, je suis monté sur  la scène, en me promettant d’écouter les conseils de mon avocat.

J’ai fait tout le contraire.

Au bout de cinq minutes, j’en étais encore à l’introduction. Les trois membres du jury m’ont attrapé pour me sortir de scène.

Le public a applaudi.

La chute était réussie.

J’étais allé à Doha pour ramener un prix.

Et je l’ai fait.

Mais j’ai pas dit ce que je voulais.

16 nov 2011 7-OWEDA
 |  Category: CINE BLOG  | Leave a Comment

La société de production a été baptisée Oweda Films.

Oweda, c’est mon arrière grand-père maternel. Il était très respecté. Il a vécu 100 ans, a eu sept enfants, et à régné sur notre village d’Om Doma, en tant que Omdeh, jusqu’à sa mort. Il symbolisait la splendeur de notre famille.

Après, ça s’est un peu compliqué.

Aujourd’hui, les maisons tombent en ruines, et la vie au village devient de plus en plus difficile.

J’ai jamais connu Oweda, mais ma mère m’a raconté des histoires à son propos. Elle m’a dit que j’ai été conçu le jour où elle a appris sa mort. J’ai voulu savoir comment s’appelait le grand-père d’Oweda, elle n’a pas su me répondre. Et on s’est rendu compte que personne dans le village ne le savait.

Chez nous, les gens n’ont pas de nom de famille, il portent leur prénom, celui de leur père et de leur grand père. Ainsi ma mère s’appelle officiellement Siham Said Oweda.

Alors même si  au village, on a tous en nous quelque chose de Oweda, d’ici  une génération ou deux, plus personne ne se souviendra de lui.

Mon film a été rendu possible grâce aux enfants, petits enfants, et arrières petits enfants d’Oweda. Ils en sont les protagonistes.  Il m’a semblé légitime que la société porte son nom.

Je ne sais pas jusqu’où elle ira. Mais qu’au moins, elle puisse toujours me rappeler d’où je viens.

14 nov 2011 6 – MES PARENTS
 |  Category: CINE BLOG  | One Comment

Le Qatar invitait trois personnes.
Ma mère souffrante, avait décliné l’invitation, à ma grande tristesse.

Mon père a proposé de m’accompagner. C’est la première fois qu’il manifestait son envie de voyager. Je l’ai soupçonné de vouloir fausser compagnie à ma mère pour quelques jours. Mais ça m’allait bien.

****

- Namir, il faut que ta mère vienne. C’est très important. Pour elle. Pour toi. Et pour le film. Le public adore voir les interprètes des films. Et ta mère est un sacré personnage. N’oublie pas qu’il y a un prix du public..
- Je lui en ai parlé, et elle est reticente. Elle est vraiment très malade.
- Tu devrais insister. Ca ne peut lui faire que du bien. Crois moi, les gens ici vont lui faire un accueil extraordinaire. Elle ne peut pas rater ça…  »

***

- Namir, je n’accepterai pas que tu joues avec la santé de ta mère pour ton film.

- Mais papa, même le médecin a donné son aval.

- Non, non non. Tant pis. Si ta mère viens, je n’y vais pas.

Le sang de ma mère n’a fait qu’un tour.

- Waguih, ce n’est pas à toi de décider si je viens ou pas !

Et c’est comme ça que ma mère a accepté de venir.

J’ai bien senti dans le regard de mon père que ce serait sans lui.

Jusqu’au moment où je les ai vus tous deux débarquer à l’aéroport

- Bah… J’allais quand même pas laisser ta mère  voyager toute seule… la pauvre. Et puis, ce serait dommage de gâcher des billets en Business Class…. Au fait, on va faire quoi au Qatar ?

08 nov 2011 5 – SANTA CRUZ
 |  Category: CINE BLOG  | Leave a Comment

Pour avancer sur le film, j’ai sollicité tout le monde.

Et trouvé des soutiens incroyables.

A commencer par Santa Cruz, un monteur avec qui j’étais à la Femis.

Que j’avais perdu de vue depuis dix ans.

Et que j’ai été heureux de retrouver.

Il a l’air désinvolte comme ça, mais on a bossé comme des malades.

J’ai beaucoup tiré sur la corde.

Elle a failli craquer.

Mais il m’a pas lâché.

Le film est arrivé à Doha la veille du festival.

Puis Santa Cruz s’est effondré.

Et m’a demandé de le laisser tranquille pour les dix prochaines années.

07 nov 2011 4- JOYEUX ANNIVERSAIRE NAMIR
 |  Category: CINE BLOG  | Leave a Comment

Oss ne me voyait plus.

Je passais mes jours et mes nuits sur le montage du film.

Elle m’avait demandé si je pouvais être libre, le soir de mon anniversaire.

Qui était aussi celui de notre rencontre.

Je lui ai dit oui.

Elle a réservé un bon restaurant. Et j’avais bloqué ma soirée.

Puis l’avocat à appelé.

-       Allo Namir… il se peut qu’on signe cet apres midi avec la Production.

-       Maître, apres dix neuf heures je ne suis pas disponible

-       Normalement tout devrait etre signé avant 17 heures

3 heures plus tard.

-       Allo Namir, je n’ai toujours rien reçu. Ca sera sûrement plus tard dans la soirée. Je vous appelle des que j’ai du nouveau.

OSS a annulé le restaurant. On est allé chez un indien, prendre des plats à emporter. Et nous avons dîné chez l’avocat, en attendant les contrats.

A une heure du matin, Oss en a eu assez. Elle a pris un taxi.

A cinq heures du matin, nous avons signé.

La cession des droits de mon film.

Je devenais mon propre producteur.

Je n’avais pas un sou.

Une société à monter.

120 000 euros à trouver.

10 jours pour fournir une version de mon film à Doha.

Mais j’étais libre.

C’est pas mal, comme cadeau d’anniversaire.

05 nov 2011 4- UN NOUVEAU PRODUCTEUR
 |  Category: CINE BLOG  | Leave a Comment

On était tombé d’accords avec la production pour que  je devienne coproducteur du film.

Cette solution nous arrangeait tous.

J’étais content.

Puis il a fallu rédiger les contrats.

La première version faisait trois pages.

La deuxieme six.

Chaque mot, chaque ligne devenait sujet à discussions.

Le compte à rebours était en marche car le festival de Doha attendait le film.

Et la reprise officielle de la post-production était conditionnée à la signature de cet accord.

Lorsque nous en sommes arrivés à la cinquième version, qui faisait 26 pages, j’ai senti que cela s’annonçait mal.

Le festival de Doha s’inquiétait.

Ils ont annoncé, qu’en l’absence d’un engagement signé du producteur dans les 24 heures assurant que le film serait prêt, ils retiraient le film de leur sélection.

Alors tout s’est accéléré.

24 heures plus tard, je devenais le producteur de mon film.

03 nov 2011 3 – LES SOUTIENS
 |  Category: CINE BLOG  | Leave a Comment

Cela faisait des mois que mon film était dans l’impasse.

Et je n’avais plus de sous pour payer mon avocat.

Je suis allé demander de l’aide.

Le CNC (Centre National du Cinéma) avait financé le film. Ils m’ont répondu que c’était une affaire privée entre un réalisateur et un producteur, et qu’ils ne pouvaient pas s’en mêler.

Je suis allé voir la SRF (société des réalisateurs de films ) qui défend les intérêts des réalisateurs, et milite pour les droits et les libertés des cinéastes.

La SRF m’a répondu que c’était une affaire privée entre un réalisateur et un producteur, et qu’ils ne pouvaient pas s’en mêler.

Ils risquaient de se mettre les associations, et les syndicats de producteurs à dos.

J’ai informé la SOFICA, qui avait investi de l’argent sur le film que le film pouvait être prêt sous quelques semaines, si la situation avec la production était débloquée au plus vite.

Je leur ai demandé d’intervenir.

Et ils sont intervenus.

En se retirant du film.

Je suis retourné voir mon avocat. Il m’a dit que c’était une affaire privée entre un réalisateur et un producteur. Et qu’il pouvait s’en mêler.

J’ai souri.

Puis il m’a présenté sa note d’honoraires.

02 nov 2011 2 – L’HOMME PROVIDENTIEL
 |  Category: CINE BLOG  | Leave a Comment

Fin Juillet 2011

J’étais arrivé à un montage d’une heure. Je l’ai envoyé aux fonds arabes. Dubai, Abu Dhabi et Doha qui proposaient chacun  une aide à la post-production.

C’était mon dernier espoir de trouver de l’argent.

Les deux premiers m’ont repondu négativement..

Et puis j’ai reçu un appel de Chadi.

Chadi est le programmateur du festival de Doha.

Il avait vu le montage , et voulait savoir si je serai prêt pour son festival qui avait lieu en octobre.

Or il me fallait plus de vingt semaines pour aller au bout du film, une fois débloquée la situation avec la production.

et il n’en restait que huit avant le début du festival. C’était impossible.

Chadi m’a répondu que Doha pouvait mettre de l’argent pour m’aider à terminer le film.

J’ai hésité.

Alors Chadi  a sélectionné mon film.

Il prenait le risque de se retrouver sans film au moment du festival.

Et moi celui de me décrédibiliser totalement.

Je n’avais pas osé lui dire  que j’étais en conflit avec la production.

Mais sa confiance m’a donné des ailes.

Il faut parfois savoir prendre des risques…

01 nov 2011 1 – L’INTERRUPTION DU BLOG
 |  Category: CINE BLOG  | Leave a Comment

Je n’avais plus le temps d’écrire.

Et l’exercice était devenu délicat.

Le travail sur le film ne s’est pas vraiment fait dans les règles.

Et comme j’ai passé mes dernières semaines à travailler intensivement sur le montage du film, derrière le dos de la production, étaler cela sur un site internet  pouvait présenter quelques risques.

Publier sur ce blog a été pour moi un moyen de survivre, de prendre de la distance sur mon travail.

Cela m’a aidé à réfléchir et à avancer artistiquement sur mon film.

Jusqu’à une certaine limite.

Je m’y suis un peu brûlé les doigts.

Mais il est temps pour moi de reprendre l’histoire, là ou elle s’était arrêtée.