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L'aventure d'un film » 2011 » avril

Archive for ◊ avril, 2011 ◊

30 avr 2011 LA REUNION
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Ce blog dure depuis trop longtemps.  Je suis le premier à souhaiter qu’il s’achève. Comme il prendra fin après la sortie de mon film en salles, mon souhait n’est pas pour tout de suite. En attendant, il continuera a raconter des vérités vraies, que d’autres diront fausses, et vice versa, navigant entre fiction et documentaire.

Parce que notre vie est faite de fictions.

Et qu’il est difficile de savoir où se situe la vérité.

Par exemple, qu’y a-t-il de vrai dans les deux récits suivants ?

1 – La post-production du film est interrompue. Le producteur n’a pas obtenu les financements espérés, et a cessé de chercher de l’argent. Pour que le film ne lui coûte rien, sans qu’il ait à renoncer à ses frais généraux, il met la pression sur le réalisateur pour le contraindre à accepter des délais et conditions de travail préjudiciables au film. Il conditionne la reprise du montage à l’acceptation de son calendrier. Le réalisateur, voyant son travail artistique menacé,  refuse de saborder son oeuvre, et prend un avocat pour sauver son film.

2 – La post-production du film est interrompue.  Le réalisateur a été incapable de terminer le montage dans les délais prévus. Il refuse d’admettre qu’il est perdu, et que son film est raté. Pour s’en sortir la tête haute, il accuse son producteur de ne pas lui donner les moyens de terminer son film, et exige des conditions de travail luxueuses et irréalistes, dans le seul but de retarder l’achèvement de son propre film. Le producteur, dont la réputation dans le milieu est très bonne, refuse de céder à cette surenchère, et prend un avocat pour défendre sa société.

La vérité  n’est peut-être qu’affaire de point de vue.

Comme ce type en voiture sur l’autoroute qui,  rentrant tranquillement chez lui,  allume la radio et tombe sur un flash spécial.

« Attention, on nous signale qu’un fou roule en sens inverse sur l’autoroute. Soyez très prudents »

et le conducteur de s’exclamer :

«  Un fou ? des milliers, oui…. »

Une chose est sure. Avec la production, on ne s’entend plus.

Une  réunion s’est tenue pour discuter des modalités de la reprise du film.

Nous sommes entrés avec des désaccords.

Et nous sommes sortis avec des désaccords.

Là-dessus au moins, nous sommes d’accord.

19 avr 2011 LE POUVOIR DE L’ECRIT
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A l’école, une de mes enseignantes s’exaspérait dès qu’elle me voyait prendre des notes.

« Arrêtez de noter ce que je dis. Ce qui est écrit est oublié »

Son professeur de Talmud lui avait enseigné que les choses importantes se gravaient dans la mémoire. Tout ce que l’on ne retenait pas étant superflu, il n’y avait pas de raison de l’écrire.

Mais comment aurait fait son professeur pour lui enseigner le Talmud, si personne n’avait pensé à l’écrire ?

Moi, cette semaine, j’ai passé mon temps à écrire.

Après avoir vu mon poids sur la balance, j’ai  décidé de noter en détail tout ce que je mangeais.

Depuis, j’ai perdu deux kilos.

Avec mon producteur aussi on a décidé de s’écrire. On s’échange nos recettes préférées. Pour ne pas en perdre une miette on se les envoie en recommandé.

C’est fou ce qu’on s’écrit depuis qu’on a découvert qu’on aimait cuisiner.

Rien de tel pour renouer avec un producteur.

Je lui propose un avocat bien pimenté, il m’expédie des salades de son cru.

On n’en est qu’aux entrées.

Pour les tartes on attend un peu.

11 avr 2011 L’ETINCELLE
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J’ai demandé à mon producteur ce qu’on attendait pour reprendre le film.

Il m’avait dit manquer de sous pour  financer la semaine de tournage à Paris, l’étalonnage du film, et d’autres étapes indispensables.

Je m’attendais à ce qu’il m’explique comment il comptait trouver de l’argent.

Mais il avait une autre solution.

Un directeur de post-production.

Sur le coup, je n’ai pas très bien compris.

Comment l’embaûche d’un directeur de post-production allait-t-elle résoudre les problèmes de manque de budget  ?

Son salaire allait s’ajouter aux dépenses du film. Et je ne voyais pas avec quel argent on allait le payer.

La production m’a expliqué qu’un bon directeur de post-production pouvait faire des miracles.

J’ai donc attendu la venue de cet homme providentiel.

Les semaines ont passé.

Sans nouvelles de la production.

Et la fin du mois est arrivée.

La production me devait encore quelques semaines de salaire.

Je lui ai demandé si elle avait prévu de me payer le mois passé.

« Ben non ».

Cette fois, c’en était trop.

Pas seulement à cause de la somme ridicule qu’on me refusait.

Ni à cause de mon statut d’intermittent que j’allais perdre.

Mais à cause du ton de la réponse.

Comme un crachat à la figure.

J’ai décidé de ne plus rien laisser passer.

Et la valse des recommandés a commencé.

04 avr 2011 ABOUNA YASSA
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Abouna Yassa était un prêtre copte, pauvre et bienheureux, qui vivait dans notre village de Haute-Egypte, à Om Doma. Les villageois l’aimaient beaucoup et le sollicitaient souvent.

Ma mère, qui l’a connu petite, en garde le souvenir d’un homme gentil, et simple. Un peu trop.

A sa mort, sa tombe s’est transformée en  lieu de pèlerinage. Et le cimetière de notre village est devenu le monastère d’Abouna Yassa.

Beaucoup d’Egyptiens, chrétiens comme musulmans, se rendent au monastère. Ils ramassent un peu du sable dans lequel a été enterré ce pauvre Yassa, et le ramènent chez eux. Certains le mangent, d’autres préfèrent le diluer dans l’eau, ou le mettre sous leur oreiller, persuadés qu’ils seront guéris ou protégés par les bienfaits du saint homme.

Cet été, pendant qu’on  tournait  dans le monastère d’Abouna Yassa, ma mère me racontait en riant, toutes ces superstitions.

Enayat, ma tante, a blêmi. Elle a mis en garde Siham contre ses sarcasmes. Un médecin qui s’était moqué des miracles d’Abuna Yassa, avait été sévèrement puni.  Pris de douleurs,  on lui avait diagnostiqué un cancer du poumon, qui s’était rapidement propagé dans le reste du corps. Ayant en vain essayé tous les traitements pour le guérir, sa femme s’était rendue au monastère d’Abouna Yassa, avec un tissu appartenant à son mari, pour implorer la clémence d’ Abouna Yassa.

Elle était repartie avec un sac de sable.  Quelques jours plus tard, le cancer de son mari avait disparu.

Quand Enayat à découvert la maladie de ma mère, elle en a tout de suite deviné l’origine.

Elle a pris une bague que ma mère lui avait offerte, et  filé au monastère d’Abouna Yassa.

Ma mère m’a raconté cela en riant.

La nuit venue, elle a rêvé de sable.

Et le lendemain, elle se sentait un peu mieux.