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L'aventure d'un film » 2011 » mars

Archive for ◊ mars, 2011 ◊

28 mar 2011 LUI
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- Salut Namir, c’est Lambert des  films de « la mort sombre ». Tu vas bien ?

- ?

- Dis moi qu’est ce que tu dirais si on reprenait le film ?

- Pardon ?

- Oui, euh… Ton producteur m’a expliqué la situation. Qu’est ce que t’en penses ?

- Ecoute. Je tombe un peu des nues….

- Oui, je comprends, c’est un peu cavalier, c’est sûr. Mais ça pourrait être sympa non ?

-  C’est lui qui t’a demandé de m’appeler ?

- Ouais… tu sais… on se connait un peu… on a fait des trucs ensemble…

- Des trucs ?

- Oui. En Europe.

- Et du coup, plutôt que de m’en parler directement, il  t’a demandé de tâter le terrain ?

- On a suivi une formation de producteurs ensemble. Il m’a parlé de ton projet et….

- J’attends qu’il m’en parle de vive voix. Ensuite, on verra.

***

J’ai donc attendu que mon producteur m’appelle.

Ainsi donc, elle était là sa solution.

Il m’avait dit qu’il cherchait un directeur de post-production.

Et des financements pour terminer le film.

Le monde du cinéma est un monde de tromperies et d’infidélités permanentes.

J’ai repensé à mon premier producteur que j’avais quitté.

Aux 20 000 euros que j’avais dépensés.

A ce film que je portais depuis quatre ans.

Au rêve que j’avais d’avoir rencontré un gros producteur.

Aux insultes et pressions que j’avais subies.

A tous les salaires et droits auxquels j’avais renoncé.

Aux sacrifices que j’avais demandé aux techniciens.

A ma fille qui n’existait pas au début de cette aventure, et qui maintenant chamboulait tout dans la maison.

A ma mère, persuadée que sa violente altercation avec mon producteur était responsable de sa maladie.

Mon téléphone a sonné.

Quand j’ai vu que c’était lui, j’ai raccroché.

21 mar 2011 GAMAL
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Quel plaisir de retrouver Gamal.

Il était de passage à Paris, et nous avons pris un café ensemble. Un dimanche matin, du côté du Luxembourg.

La dernière fois que j’ai vu Gamal, c’était au Caire. Dans les bureaux de sa revue Akhbar el Adab, une revue littéraire qu’il dirigeait.

Les auteurs qu’il publiait n’étaient pas toujours des gens faciles, ou sympathiques, mais ce qui comptait pour lui, c’était leurs écrits.

Quant à moi, j’étais venu pour évoquer avec lui l’adaptation de l’un de ses romans pour le cinéma.

Et il m’apprenait qu’il devait partir aux états unis pour une opération à coeur ouvert.

Et n’était pas sûr de revenir.

Il préparait sa succession à la revue.

Il aimait tellement  la vie que ce qui lui arrivait me paraissait bien injuste.

Il y a des gens qui ne connaîtront de Gamal que ses écrits. Moi j’ai préféré l’homme à ses textes.

Je lui avais alors demandé de poser pour ma caméra.

Il s’est levé dignement.

Nous nous sommes regardés en silence.

Je pensais ne plus jamais le revoir.

Et puis, nous étions là dans ce café bruyant du boulevard Saint Michel.

Gamal était heureux.

Il pensait mourir avant Moubarak, et voilà qu’il venait d’assister à la chute du pharaon.

Nous avons ri.

Lorsqu’il m’a raconté ce qu’il avait subi, j’ai pensé à ma mère.

Et ça m’a réconforté.

Rien n’est donc jamais perdu.

Il faut se battre.

Jusqu’au bout.

15 mar 2011 STAND-BY
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En attendant la reprise du montage, j’en ai profité pour montrer le bout de film existant à quelques professionnels et amis.

Les retours allaient dans le même sens :   l’histoire du réalisateur qui veut faire son film à tout prix ne suffit pas à faire tenir le récit.

Le spectateur à besoin d’en savoir plus ce que le personnage du réalisateur cherche.

C’est à dire sur les apparitions de la Vierge.

Or pour l’instant, le montage donne surtout l’impression que ces apparitions sont un prétexte pour raconter la trajectoire du réalisateur.

C’est un peu comme si on avait oublié le sujet en cours de route, ou fabriqué un emballage avant son contenu.

Nous avions cherché la comédie, et l’ironie avant même de nous attaquer au coeur du film : la croyance des égyptiens, coptes et musulmans, dans ces apparitions.

Peut-être par manque de confiance en nous.

L’utilisation de la voix-off de manière redondante par rapport aux images m’est apparue symptomatique

L’humour est souvent un bon moyen de se protéger. Surtout lorsque l’on se sent en danger.

Or pour que le film fonctionne, il faut à la fois traiter, et assumer entièrement le sujet sur les apparitions de la Vierge, et raconter la trajectoire du réalisateur.

Révéler  pourquoi le réalisateur cherche à mener cette enquête sur les apparitions de la Vierge.

Et résoudre une autre question de fond.

Car entre le tournage et le montage, une révolution a eu lieu en Egypte.

Et les images de la place Tahrir que nous avions filmées ont  pris dorénavant une autre signification

Cette révolution doit elle avoir une place dans le film, ou faut-il  faire l’impasse dessus ?

D’autant que le film aborde des questions liées à la politique, au peuple égyptien et au rapport que le pouvoir entretien avec la religion.

Il est indéniable que le spectateur qui découvrira le film aura  en mémoire les évènements de janvier 2011.

Même si les retours des gens ont été sévères, quel plaisir d’entendre des critiques constructives.

Des gens qui aident un film à se trouver et un réalisateur à avancer.

Tout cela m’a donné envie de me remettre au montage.

D’autant qu’il y a la matière dans les rushes pour résoudre ces questions.

La prochaine étape  du montage sera certainement plus frontale.

Enfin, s’il y en a une.

Car le film est en stand-by depuis cinq semaines.

Et les dernières nouvelles de la production ne sont pas bonnes.

Mais chut.

On pourrait nous entendre.

07 mar 2011 LE SOURIRE
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J’étais dans le bus.

J’ai vu monter cette vieille dame. Elle avait un joli sourire.

Je l’ai regardée attentivement. Elle devait avoir quatre vingt ans.

Combien de drames avait elle du vivre dans sa vie avant ce jour là ?

Des deuils, des maladies, des échecs.

Mais elle était là. Souriante.

Je regardais les autres passagers du bus. Insouciants.

Eux aussi, avaient surement connu des souffrances.

Et ils avaient survécu.

J’ai repensé à ma mère.

Le diagnostic du médecin était sans appel.

J’ai tenté d’imaginer le  jour où je retrouverais le sourire.

J’ai pas réussi.