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07 fév 2011 L’EGYPTE ET NOUS
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Depuis mon adolescence, je détestais l’Egypte.

Et je ne le savais pas.

Lorsque la jeunesse de ce pays est descendue sur la place Tahrir,  l’Etat a répondu comme à son habitude. Par la terreur et le mépris.

Des policiers en civils ont commencé à organiser des pillages pour semer le chaos.

Puis le pouvoir a commandité des contre-manifestations, en soudoyant des gens du peuple, menaçant certains fonctionnaires de ne pas toucher leurs salaires s’ils ne soutenaient pas Moubarak. Là-aussi, des policiers en civils s’y sont mêlés, tirant sur les manifestants pacifistes.

Mais la jeunesse n’a pas cédé.

Sur internet ce matin, je suis tombé sur les photos des premiers morts de la place Tahrir.

Des étudiants, un instituteur, un médecin père d’une fillette de 3 mois.

Et j’ai pleuré.

Pour la première fois depuis des années, j’ai été fier d’être égyptien.

Enfant, j’aimais mon pays. Quand on étudiait l’Egypte pharaonique, en classe, les autres élèves me regardaient admiratifs.

Le systeme corrompu de Moubarak nous a contraints à courber la tête, à vivre dans la honte et l’humiliation permanente.

Bien que je ne vive pas en Egypte, j’ai grandi avec ce sentiment diffus, et une forme de fatalisme sur la possibilité de changer le cours des choses.

Mes parents m’ont appris la résignation.

Et la jeunesse venait de nous apprendre qu’il était possible de lever la tête.

Et de ne plus avoir peur.

Le sang s’est remis à couler dans mes veines. J’étais  fier d’être égyptien.

Fier de mon peuple, et des manifestants de la place Tahrir.

Je ne sais pas si j’aurai un jour leur courage, mais le souvenir de leur lutte restera gravé en moi.

Jamais mon père n’aurait pensé voir cela avant de mourir. Ça l’a réveillé. Il est descendu manifester sur la place de la République.

Quelque soit l’issue de cette révolution, nous avons tous retrouvé quelque chose que l’état policier nous avait volé depuis des décennies : le droit au respect et à la dignité. et ca, c’est déjà une grande victoire.

J’ai repensé aux jeunes morts de la place Tahrir.

Et à tous les anonymes qui, avant eux, ont été assassinés par les officiers du régime Moubarak.

Nous n’aurons plus peur d’eux.

Désormais, c’est eux qui auront peur de nous.