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L'aventure d'un film » 2011 » janvier

Archive for ◊ janvier, 2011 ◊

30 jan 2011 ABDEL MESSEEH ? PRESENT !
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Je n’ai pas été très présent dans la salle de montage.

Les traductions m’avaient beaucoup occupé. Au fond, cela m’arrangeait bien.
J’avais  envie de prendre mes distances avec le montage. Pour avoir plus de recul sur ce film où  je m’étais mis en danger.

Et puis,  attendre la monteuse pendant ses manipulations techniques m’a toujours exaspéré. Il y a des réalisateurs patients. Je n’en fais pas partie.

Nous avions donc convenu que j’assisterai tous les matins aux séquences montées la veille. Ensuite, on en discutait, et je la laissais retravailler.

Ce matin en arrivant dans la salle, j’ai prévenu ma monteuse que je devais partir à 15 heures. Il y avait une une conférence sur la projection numérique.  J’avais même décommandé un rendez vous avec un ami, pour y assister.

Il y avait une atmosphère glaciale dans la salle.

« Namir…  Je ne peux plus continuer… Ca fait deux mois que final cut plante sans arrêt.  C’est décidé, j’arrête. »

J’ai regardé ma monteuse inquiet. Son contrat se terminait à la fin de la semaine. La production avait accepté de le prolonger de dix semaines. Mais ces problèmes de logiciel, liés aux différents formats que nous utilisons dans le film, nous empoisonnaient la vie depuis le début du montage. Elle avait déjà alerté la production à plusieurs reprises.

 » Je reprendrais lorsque le problème sera résolu. Sinon, ils ne bougeront pas. »

J’aurais préféré qu’elle attende que son nouveau contrat soit signé avant d’aller au combat. Connaissant la production, je savais que ce problème allait entraîner des dépenses imprévues, que la production allait nous mettre sur le dos, et avoir une incidence sur la suite du film.

 » Tu veux que je vienne avec toi  ? » lui ai- je lancé timidement

Elle a haussé les épaules.

Je l’ai regardée sortir de la salle, penaud. J’ai eu honte. Depuis le début, je l’ai laissée aller au charbon avec la production, pour m’éviter d’avoir à les affronter.

J’ai couru la rejoindre.

La production a écouté notre demande, en acquiesçant. Puis nous sommes retournés travailler.

Le calme avant la tempête.

Au moment de partir à ma conférence, elle m’a regardé.

- Tu ne penses pas que tu as mieux à faire ?

Et puis c’est parti. Elle trouvait que je n’étais pas assez présent dans la salle. Que j’avais peur d’affronter mon film, de me confronter à la matière.

Elle avait l’impression de travailler toute seule. Déjà que le cadre de travail (la salle de montage est dans les locaux de la production) n’était pas agréable, elle voulait au moins sentir que j’étais là, au lieu de fuir devant mon film.

J’ai senti que j’allais être en retard à ma conférence.

Et puis le téléphone a sonné.

 » Allo Namir ? C’est Samir. Tu vas bien ? »

 » Oui. Pourquoi ? »

 » Le comité de lecture commence à 14h30.  Il est 15h10.   »

 » La commission ? Mais… C’est demain ? »

 » Tous les autres membres sont là. On t’attend  »

J’ai blêmi.

J’ai regardé mon agenda. A ce même moment, j’étais supposé être à quatre endroits différents.

Je me suis alors demandé ce qui était le plus important pour moi.

Je me suis assis.

Ma monteuse a souri.

Et nous avons repris le travail.

21 jan 2011 LA REVOLUTION
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Pour fêter l’anniversaire de la petite, nous sommes allés chez mes parents.

Nous avons commencé le repas un peu plus tard que prévu. Mon père n’a pas attendu la fin du repas. Après l’entrée, il est parti faire sa sieste.

Il est comme ça, mon père. Il a ses habitudes.

Le lendemain, au téléphone je lui ai reproché son manque d’efforts. Il l’a très mal pris. J’étais inconscient de tous les efforts qu’il faisait.

J’aurai du m’abstenir de faire une remarque sur son survêtement, qui ne me parait pas forcément la tenue appropriée pour célébrer un anniversaire.

Il a explosé, me traitant de fils indigne, irrespectueux.  Je l’ai laissé se déchaîner avant de raccrocher.

Il était allé trop loin.

Je  me suis juré de ne plus retourner chez eux, tant qu’il n’aurait pas fait d’excuses.

C’est à dire jamais.

A la télévision, c’était la révolution. Le dictateur tunisien venait d’être délogé par son peuple.

Jamais je n’aurai cru cela possible : qu’un peuple arabe soit capable de prendre en charge son destin.

Je n’ai jamais porté les tunisiens en haute estime, mais là, ils venaient de nous donner une leçon de courage.

Evidemment, j’ai pensé à l’Egypte.

Ma mère aussi.

Elle m’a appelé pour savoir si j’étais au courant de ce qui venait de se passer. Elle était euphorique.

Puis elle m’a passé mon père.

Il reconnaissait être allé trop loin dans ses propos, et tenait à me présenter ses excuses.

Même ma mère n’en revenait pas.

Elle est comme ça la vie, pleine de surprises.

Et toutes les révolutions y sont possibles.

11 jan 2011 L’ANNIVERSAIRE
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Il y a un an, je sortais de la maternité. Il faisait nuit. Oss venait d’accoucher.

Je suis rentré à pied à la maison.

Sur le chemin je me suis arrêté dans un parc, et j’ai pris quelques arbres en photos.

J’aimais la lumière des réverbères sur les arbres.

J’ai passé ma dernière nuit à la maison sans la petite.

Depuis les nuits ne sont plus  les mêmes.

Parfois, avec Oss on se lève pour la regarder dormir.

Quand je repense à la naissance de la petite, je ne sais pas pourquoi, c’est à ces arbres que je repense.

Aujourd’hui, elle vient de fêter ses un an.

Tout cela est passé si vite.

Ce blog va lui aussi fêter son anniversaire. Le deuxième.

Sauf que pour le coup, je pensais que les choses seraient allé plus vite.

Je m’étais promis de l’interrompre une fois le film sorti en salles.

Et je crois bien qu’il aura droit à un troisième anniversaire.