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L'aventure d'un film » 2010 » avril

Archive for ◊ avril, 2010 ◊

26 avr 2010 L’OREILLE D’UN SOURD
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Samedi à Darty, un client est venu m’acheter une télévision.

C’était un réalisateur ouzbek. Il venait de terminer son premier long-métrage.

Il avait les deux bras dans le plâtre.

Je lui ai demandé avec qui il avait travaillé.

Il m’a répondu qu’un film, c’est une guerre. Et qu’un réalisateur, c’est  un général sur un champ de bataille.

Mais qu’il était content, parce qu’en France, c’est quand même beaucoup plus facile qu’en Ouzbekistan.

***

Mon producteur a lu mon blog.

Il m’a fait remarquer que mes articles pourraient ne pas tomber dans l’oreille d’un sourd.

C’est vrai que je pourrais me contenter d’écrire un journal de bord.

Sans  le publier sur internet.

Ou en limiter l’accès par mot de passe.

Du coup,  je me suis demandé pourquoi je faisais ce blog.

Et pour qui.

Au départ, c’était pour les futurs spectateurs de mon film.

Je pensais qu’en racontant la manière dont le film se faisait, je pourrais les intéresser, et leur donner envie d’aller le voir au cinéma, le jour de sa sortie.

Ca fait maintenant quatre ans que je travaille dessus.

Et il m’arrive parfois de me demander s’il sortira jamais au cinéma.

A défaut,  si le film ne se fait pas, j’aurais au moins fait un blog.

Et avec un peu de chance, ce blog pourrait me servir de base pour un prochain film.

Un film qui raconterait l’histoire d’un type dans une maison de retraite, qui prépare, depuis 58 ans, son premier long-métrage.

19 avr 2010 VACANCES
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Pas d’article cette semaine.

Juste du repos. Loin de Paris.

Au soleil. Et en famille.

Ca fait du bien.

12 avr 2010 LES ESSAIS
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Avec mon producteur nous sommes tombés d’accord : il faut finir le film rapidement, plutôt que de repartir  en recherche de financements.

J’ai décalé mes congés à Darty en assurant à mon directeur que c’était la dernière fois.

Mon producteur a lancé la  demande de chiffrage auprès du CNC. Début mai, on saura avec quel budget exact on fait le film.

Et tous les sacrifices que cela impliquera.

Il reste encore à savoir si l’équipe acceptera les nouvelles conditions salariales.

Je ne me résoudrais pas à partir sans Julien et Nicolas, même si je comprends qu’ils n’acceptent pas de travailler pour le tiers de leur salaire.

A la différence d’un réalisateur, ou d’un producteur, les techniciens n’ont pas de retombées financières, ou artistiques en cas de succès d’un film.

Le réalisateur y laisse sa signature. Le producteur l’ajoute à son catalogue qu’il exploite ensuite pendant 30 ans. Ce qui paraîtrait  juste serait de proposer aux techniciens un pourcentage sur les recettes  d’un film.

Plus que des techniciens, Julien et Nicolas sont des collaborateurs précieux. Curieux et sensibles, ils ont l’avantage de connaître les principaux personnages du film.

Et d’être appréciés de ma mère.

Avec Nicolas, nous avons effectué des essais. Maintenant que la pellicule est abandonnée, il faut choisir une caméra vidéo pour la suite du film.

C’est ma mère qui nous a servi de cobaye.

On l’a filmée en train de courir le long du Canal par une matinée ensoleillée. Avec chacune des caméras.

Et à chaque fois ma mère courait 20 mètres et faisait demi-tour.

Au début j’ai cru qu’elle était fatiguée.

Mais je ne m’expliquais pas pourquoi elle revenait toujours en rigolant.

J’ai voulu en avoir le coeur net.

J’ai commencé à courir à ses côtés.

Et je me suis arrêté au bout de 20 mètres.

Devant nous, à l’intérieur d’une voiture, un couple de vieillards était en train de s’envoyer en l’air.

Ma mère s’est tournée vers moi.

 » Je comprends mieux pourquoi tu fais régulièrement des footings le long du canal… »

05 avr 2010 RENDEZ VOUS AVEC JO
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Quel étrange personnage que ce Jo.

Il a flirté avec le pouvoir égyptien.

Fait des films à la gloire du régime.

Puis des films contre le régime.

Ce qui, pour un cinéaste, est toujours mieux que de ne pas en faire.

En revoyant la rétrospective que lui a consacré le Magic Cinéma, j’ai été assez rassuré de voir qu’un grand cinéaste pouvait aussi rater des films.

Les films de Chahine ne m’émeuvent pas beaucoup. J’ai pourtant une grande admiration pour ce cinéaste.

Et si la plupart de ses films parlent de politique, leur vérité me semble être ailleurs que dans les discours, et les prises de position.

Elle est dans sa passion sincère pour l’Egypte et ses habitants, et son amour pour les acteurs, souvent inconnus, à qui il a su donner leur chance et souvent leurs meilleurs rôles.

Et sa grande force réside dans son inventivité, son énergie, et sa recherche de liberté.

Alors tant pis si certains de ses films ont mal vieilli.

Dans un de ses films, Chahine fait dire au personnage d’Henri Langlois  « Le gouvernements passent, moi je reste ».

C’est peut-être une bonne définition du cinéma.

Alors merci, Monsieur Jo.