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L'aventure d'un film » 2010 » février

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23 fév 2010 QUESTIONS D’ARGENT
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- Est-ce que vous vivez de votre métier ?

- Ça gagne quoi un réalisateur ?

- Et votre film, il coûte combien ?

J’étais venu pour parler de cinéma à  des élèves de lycée professionnel, leur faire découvrir des films que j’adorais.

Le professeur m’avait prévenu : « Vous êtes dans un lycée professionnel, vous allez voir, c’est terrible…. « .

« - Qu’est ce qui est terrible ?  De vous avoir comme professeur ? »

J’aurais pu m’abstenir.

Alors, non. Je ne vis pas totalement de mon métier de cinéaste.

Je vais deux à trois fois par mois dans des lycées pour rencontrer des élèves, ou animer des ateliers pratiques. Payés 90 euros la demi-journée, ou 150 euros la journée.

Je travaille aussi tous les samedis comme vendeur de télés chez Darty. Ce mois-ci, j’ai touché 283 euros. J’ai vendu peu de garanties 5 ans. La faute à France Télevisions. « Envoyé spécial » a diffusé un reportage sur les extensions de garantie en expliquant que c’étaient des arnaques. Beaucoup de clients me sont tombés dessus.

Parfois je touche des droits d’auteurs.

Parfois même, mon producteur me paye sur les heures travaillées sur mon film.

Enfin pas depuis 6 mois.

Comme j’ai encore mon statut d’intermittent jusqu’en mai, je touche aussi 30 euros par jour non travaillé.

Le budget prévisionnel de mon film est de 600 000 euros. Mais on n’en a que  200 000. Et on risque de faire le film avec pas beaucoup plus.

Les élèves m’ont écouté en silence.

J’ai essayé de les rassurer en leur expliquant que j’adorais mon métier, et qu’on pouvait faire des films formidables.

« L’esprit de la ruche », « L’armée des ombres », « Le chagrin et la pitié », « Los olvidados ».

Je  sais pas s’ils ont aimé les extraits que je leur ai montrés, ou s’ils ont eu pitié de moi.

En tout cas,  j’ai jamais vu une telle attention dans une classe.

08 fév 2010 QUEL REALISATEUR ETES VOUS ?
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Cette semaine, je l’ai passée à faire des calculs.

Combien de minutes de pellicule me faudra-t-il  pour tourner la scène du taxi ? De combien de bobines aurai-je besoin pour tourner l’intégralité du scénario ?

En sachant qu’une bobine de pellicule dure 10 minutes en tournant à 25 images/seconde, combien de secondes est ce que je gagnerai en tournant à 24 images/seconde ?

Est ce que 3 heures de tournage vont suffire  pour la séquence 27 ? Quelle est la durée du trajet  entre la maison de mon oncle à Gizeh et l’église du père Yohana à Zeitoun ?

En tenant compte du temps de tournage par séquence, du temps de transports, du temps de chargement et de déchargement du matériel, des jours de voyages,  de repos, et des imprévus,  combien de semaines seront elles nécessaires pour tourner les 123 séquences du film ?

Et dans quel ordre vaut il mieux tourner ? Faut-il commencer par la scène de repas avec mes parents ? ou par la scène de confrontation entre ma mère et mon producteur ? Faut-il garder les scènes les plus difficiles pour la fin du tournage ? ou au contraire commencer par le plus dur ?

J’ai rentré tous ces calculs dans un immense tableau. Et j’en ai tiré des conclusions. Que je vais soumettre demain à mon producteur.

Le problème avec mon producteur, c’est que la dernière fois que je lui ai demandé quatre semaines de tournage, il m’en a accordé deux. En m’expliquant que c’était mieux que rien, et que je devais m’estimer heureux.

Alors j’ai deux possibilités.

Soit je gonfle mes estimations, pour qu’après notre réunion, je puisse retomber sur mes pieds. C’est ce que font  les réalisateurs malins.

Soit je commence dès maintenant à réfléchir aux scènes que je suis prêt à  supprimer. C’est ce que font les réalisateurs pragmatiques.

Soit je ne vais pas à la réunion de demain.

C’est ce que font les réalisateurs qui ont de bonnes excuses.

Comme un bébé qui a pleuré toute la nuit.

02 fév 2010 LA TROISIEME VOIE
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Ca y est.

Avec mon producteur nous avons décidé de repartir en tournage.

Coûte que coûte.

Nous commençons donc la préparation du film dès maintenant, pour un tournage mi-avril.

Avec toutefois une grande inconnue : le budget.

Nous avons donc envisagé deux hypothèses.

La première : Arte, Canal Plus, et un distributeur achètent le projet sans réserves dans les quatre semaines à venir. Nous pourrons alors terminer le film en pellicule super 16mm, et tourner pendant 10 semaines.  Avec éventuellement une deuxième caméra plus discrète, et un steadycam pour des mouvements d’appareil  fluides. L’ équipe serait composée de  7 à 8 personnes.

La deuxième. Tout le monde dit non. On se retrouve alors  à terminer le film avec simplement l’avance sur recettes. Ce qui signifierait tournage en vidéo,  équipe réduite à 4 personnes,  temps de tournage restreint, et support final indeterminé.

Je m’entraîne tous les soir à me convaincre que  les deux peuvent donner un bon film.

Mais une question ne cesse de m’obséder.

Que se passerait-il  si tout le monde disait peut-être ?

J’ai posé la question à mon producteur. Il a eu l’air très embarrassé.

Ce serait pour lui la pire des solutions. Il serait contraint de lancer un tournage sans savoir quel budget il aura réellement.

il m’a répondu qu’il se débrouillerait pour que cela n’ait pas lieu.

Je lui souhaite donc que les diffuseurs ne soient pas comme moi.

Quand j’ai le choix entre deux hypothèses, je choisis toujours la troisième.