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L'aventure d'un film » 2009 » décembre

Archive for ◊ décembre, 2009 ◊

29 déc 2009 LA TACHE
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Je sais pas ce qui m’a pris.

Tout allait bien.

J’avais retrouvé ma mère de bonne humeur, récupéré ma casquette fétiche chez mon ingénieur du son, découvert deux bons films coup sur coup au cinéma, convaincu Oss de venir passer Noel chez mes parents, et même passé un moment agréable avec mon producteur.

La pièce du bébé était prête. Elle était presque parfaite. Il y avait juste trois petits trous aux murs.

J’ai dis à OSS que j’allais m’en occuper. Elle m’a dit de laisser tomber. Que j’en avais déjà fait beaucoup.

Mais j’ai voulu faire le malin.

J’ai attendu qu’elle sorte, et je suis descendu à la cave.

J’ai  récupéré l’enduit, la ponceuse, un pot de peinture blanche et des pinceaux.

Après avoir bouché les trous, j’ai passé la peinture.

Les raccords étaient invisibles. J’étais content de moi.

J’en ai  profité pour faire d’autres raccords dans la chambre à coucher, la salle de bain, et le salon. J’aurai bien continué mais il n’y avait plus d’autres pièces dans la maison.

Et puis Oss est rentrée.

D’abord elle a eu un doute.

Et puis, quand elle s’est mise à hurler, j’ai compris qu’il devait y avoir un problème.

Quand elle a crié que tout était foutu, parlant de catastrophe, de tâches vertes horribles sur le mur, de saccage de chambre d’enfant, de crime contre la paternité, j’ai compris que c’était grave.

J’ai regardé l’étiquette sur le  pot de peinture.

J’avais oublié que j’étais daltonien.

21 déc 2009 QU’UN SEUL TIENNE….
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« Qu’un seul tienne et les autres suivront. »

C’est ce que je me suis dit en regardant le film.

Alors j’ai tenu.

Mais les autres spectateurs n’ont pas pu s’empêcher de quitter la salle pendant le film.

Les traîtres.

La famille Wolberg, je suis allé la voir en traînant des pieds. Pour faire plaisir à Oss.

C’est l’histoire d’un maire juif (à ne pas confondre avec une mère juive) qui aime trop sa femme, ses enfants, les habitants de son village. Il aime tout  le monde. Sauf les blonds. C’est normal. Il est juif.

Quand je suis sorti, je me suis dit que j’avais de la chance d’avoir une OSS, pour me faire découvrir des bijoux comme celui-là.

Le père de mes enfants. A priori, c’est moi.

Mais c’est aussi l’histoire d’un producteur de films d’auteurs. Il s’appelle Grégoire.  Il rappelle jamais les gens alors qu’il a deux portables.  Il trouve toujours le moyen de payer ses techniciens le plus tard possible. Mais à un moment, il en peut plus. Et il se suicide.

Là aussi, j’ai dit merci à Oss.

Elle a vraiment bon goût.

Dénicher deux bons films coup sur coup, c’est rare.

Maintenant, j’en étais sûr, le troisième serait le mien.

Il suffit de faire confiance à Oss.

15 déc 2009 UN PETIT MOMENT DE BONHEUR
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Mon producteur a téléphoné.

Il venait d’avoir des retours intéressés d’Arte, et de quelques distributeurs importants à qui il avait parlé du projet. Il avait besoin d’une dernière version du scénario. Rapidement.

Avec ma scénariste, on a travaillé d’arrache-pied. Les choses nous paraissaient claires. Le  résultat nous a semblé très satisfaisant. Avec un brin de réserve toutefois…

On avait fait de mon producteur un personnage du film, et je n’étais pas sûr qu’il allait apprécier de se découvrir ainsi dans le scénario. En attendant sa réaction, j’ai pris quelques jours de repos avec OSS, dans sa famille à Lyon.

Un repos bien mérité.

Ma mère qui rentrait d’Egypte a appris que je ne serais pas à Paris le jour de son retour. Elle m’est tombée dessus. Elle pensait que je l’avais fait exprès pour ne pas aller la chercher à l’aéroport.

A Lyon, Oss s’est engueulée avec sa mère. Elle a fait mine de regretter d’être venue.

Ma belle-mère a commencé à se lamenter.

« Mon coeur c’est pas une serpillère ou chacun s’essuie les pattes sales ».

Elle était paniquée, depuis que son fils avait perdu sa carte d’étudiant.

Ah les mères.

Dans le train du retour, OSS m’a relancé sur le prénom du bébé. J’avais déjà réussi à repousser cette discussion depuis huit mois.

Il faut dire qu’Oss est exigeante : pas de prénoms arabes, pas de prénoms finissant en « a », pas de prénoms trop courts, pas de prénoms trop communs, pas de prénoms de gens qu’elle n’aime pas, et plutôt des prénoms médiévaux, ou « comptoir de famille »

Je ne pouvais plus me défiler.

Alors chacun a fait une liste de 10 prénoms.

Oss a regardé ma liste. Aucun ne lui plaisait.

J’ai regardé la sienne. Aucun de me plaisait.

Il restait encore deux heures de trajet.

Alors chacun a pris sur soi. Et au bout de quelques minutes, on a réussi à trouver deux prénoms qui nous plaisaient à tous deux.

Et puis un troisième prénom est arrivé. Naturellement. Qui ne figurait sur aucune des listes.

En une heure, nous avions trouvé trois prénoms  potentiels.

J’ai regardé Oss,  heureux. Je n’en revenais pas.

Le train filait, et je pensais à tout le chemin parcouru depuis qu’on était ensemble.

Elle m’avait fait évoluer.  Je l’avais fait évoluer.

Je me suis endormi, épuisé.

J’avais l’impression d’avoir accouché.

En arrivant à Paris, j’ai allumé mon ordinateur.

Je venais de recevoir un mail de mon producteur.

07 déc 2009 RUNNING MAN
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J’ai enfin trouvé ce qui fait courir Namir.

Il en a fallu du temps pour mettre un mot sur sa quête.

Depuis, le film m’est apparu plus clairement.

« La Vierge, les Coptes et moi », c’est l’histoire d’un type qui croit qu’il a trouvé un super  sujet de film : sa mère a vu la Vierge dans une cassette vidéo.

Il a réussi à convaincre un producteur de s’engager sur le film.

Il pense qu’il va enfin devenir célèbre.

Sauf que lorsque le tournage démarre, sa mère ne se souvient plus avoir vu la Vierge.

Et là, les problèmes commencent.

Avec sa mère.

Avec son producteur.

Avec sa femme.

Et avec la Vierge.

Alors il ne reste à Namir qu’une seule chose à faire.

Courir vite.

01 déc 2009 QU’EST CE QUI FAIT COURIR NAMIR ?
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J’ai démarré le  montage des scènes tournées cet été.  J’y ai cherché comment elles s’agençaient entre elles, et ce qui pouvait encore faire défaut au film. Afin de rectifier le tir pour la suite, et préparer au mieux  le tournage à venir.

J’avais cette immense liberté de pouvoir chercher mon film au montage, en ayant la possibilité de repartir ensuite en tournage.  Je sentais que c’était comme cela que j’allais trouver mon film.

En regardant le montage avec mon producteur, j’y ai découvert que je n’existais pas. C’est embêtant lorsqu’on est le personnage principal.

La plupart des cinéastes qui se mettent en scène se sont trouvés un personnage, qui n’est ni tout à fait eux-même, ni tout a fait un autre, mais qui est facilement identifiable. Chaplin dans ses films est un vagabond anarchiste,  Keaton un garçon sérieux qui ne sait pas exprimer ses émotions, Moretti un cinéaste politique vindicatif et obsessionnel, Avi Mograbi un juif narcissique et prétentieux.  Ils ont réussi à donner une cohérence à leurs personnages, qui traverse toutes les séquences.

Quant à moi, je n’avais pas encore trouvé ce qui rendait mon personnage singulier, et le caractérisait de manière évidente sur toute la durée  du film.

Une des scènes du film me montrait  en train de faire un footing avec les habitants de mon village. Je pensais que la scène serait drôle car elle montrait le décalage entre mon personnage et les villageois. Pourtant elle  ne fonctionnait pas.

Mon producteur en voyant la scène m’a demandé :  « Mais qu’est ce qui fait courir Namir ? »

L’enjeu de mon  personnage se trouvait dans la résolution de cette question.

Namir était il un professeur de sport qui voulait préparer les habitants de son village aux jeux olympiques ?

Un sportif de bas niveau qui voulait faire le malin devant sa famille ?

Un mécréant qui courait derrière une apparition de la Vierge ?

Un trentenaire obsédé par sa prise de poids ?

Un cinéaste qui voulait à tout prix réussir son film ?

J’ai rappelé ma scénariste et nous nous sommes remis au travail.