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L'aventure d'un film » 2009 » juin

Archive for ◊ juin, 2009 ◊

30 juin 2009 Y A DE LA RUMBA DANS L’AIR
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Mon producteur m’a dit :

« Prends une coscénariste. Ecrivez ensemble une dernière version du scénario. Et surtout ne te censure pas. »

Je l’ai écouté.  Ce type est vraiment formidable.

Puis je suis retourné le voir avec plein de nouvelles scènes :  Des scènes d’hélicoptère, des scènes muettes filmées avec une caméra à manivelle 1900,  un mouvement de grue, des effets spéciaux numériques, une consultation avec une astrologue aveugle, une séquence chez Darty, une autre dans un restaurant 5 étoiles avec une famille de sourds-muets, et quelques séquences d’animation (en particulier pour le générique de début).  »

Il a acquiescé.

Depuis, je n’ai plus de nouvelles de mon producteur.

Jusqu’à aujourd’hui.

Il m’a annoncé que mes quatre semaines de tournage seraient réduite à deux. Parce qu’un réalisateur travaille toujours mieux dans la contrainte.


NAMIRFLASHJUIN

MEREDENAMIR

( merci à Julien S.  pour ses dessins)

22 juin 2009 LA REPONSE DE LAPINOU
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Merci à Lapinou et à Lewis Trondheim pour leurs aimables autorisations

Merci à Lapinot et à Lewis Trondheim pour leurs aimables autorisations

15 juin 2009 L’ANGOISSE
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A un concours de tir à l’arc, alors que j’ai été très bon aux entrainements,  j’ai commencé à perdre tous mes moyens.

L’animateur m’a regardé surpris.

 » Bah Namir, qu’est ce qui t’arrives ? Tu rates tout.  »

 » J’y peux rien, c’est à cause du temps  »

Il a levé la tête au ciel, croyant que je me plaignais de la météo.

« Le temps ? Tu te fous de ma gueule ?  »

 » Non. Le temps…  le  chronomètre…  J’entends les secondes qui défilent, ça m’angoisse. J’arrive plus à me concentrer. »

Aujourd’hui encore, lorsque je déclenche la caméra, et que j’entends défiler la pellicule, c’est le même sentiment d’effroi qui me saisit. Une pression terrible, une conscience extrême que le moment que je vis est en train de s’évanouir au moment où je le vis. Sauf qu’au cinéma cette angoisse est constructive, elle me permet de me dépasser. Au point de créer quelque chose d’inattendu à l’intérieur du temps imparti par cette bobine de film. On dit que le documentaire est l’art de filmer le réel, je crois que dans mon cas, c’est celui de le provoquer. Voilà pourquoi je tourne en pellicule.

Voilà pourquoi aussi je fais du cinéma.

Et pas de la musique.

J’ai bien essayé pourtant.  Mais lorsque le chef d’orchestre commence à donner le tempo, je suis tellement saisi par la peur de perdre la pulsation, que je n’écoute plus la musique et que je perds le rythme.

Le temps m’obsède.

Quand je vais courir avec mon chronomètre, je regarde le temps couru, la distance parcourue, et ma vitesse. Puis je fais des calculs. Grace à mon chronomètre je sais qu’il y a 355 mètres entre ma maison et le métro et que je mets moins de deux minutes pour y arriver. Et quand par miracle, j’arrive à 70 minutes de footing, je rentre à la maison, fier de moi, en me disant que j’ai couru la durée d’un long-métrage.

09 juin 2009 LES AVOCATS CA FAIT MAIGRIR
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Ma mère est un des personnages principaux de mon film. Peut-être même l’héroîne véritable de cette histoire.  Elle ne le sait pas encore. Non pas que je ne le lui ai pas dit, mais elle ne veut pas l’entendre.

Et c’est peut-être mieux ainsi.

Elle a tout de même donné son accord pour une journée d’essais filmés  vendredi 12 juin. J’ignore encore comment elle va se comporter devant la caméra. Il faut dire qu’elle a plus de caractère que la Vierge Marie. Mais si la Vierge Marie est souvent invisible, ma mère, elle, est surtout imprévisible. Et je n’ai pas encore trouvé le dispositif à utiliser pour mettre en scène notre relation.

Je sais juste que je dois perdre du poids pour vendredi. Dans le scénario, mon voyage en Egypte va entraîner une prise de poids de mon « personnage ».  Dans les scènes antérieures à ce départ, il faut donc que je sois le plus svelte possible. Pour que mon évolution physique, soit visible.  Sauf que je n’arrête pas de manger depuis que je sais que nous allons tourner cette scène. Trop de pression, et de peurs.

Jusqu’à jeudi dernier.

Numéro 3 s’est retiré du film.

Il a reçu un coup de téléphone de mon ancienne productrice qui lui a fait une proposition de coproduction. Une cession de droits de 45 000 euros, ainsi que 10 pour cent des recettes. Ma productrice a expliqué qu’elle avait vu un avocat, que c’était non négociable car elle était sûre de son bon droit.

A partir de là, tout a dégénéré.

J’ai compris que nous ne ferions plus les essais vendredi.

Et que nous ne partirions plus en tournage.

Je suis monté sur la balance.

J’avais perdu 5 kilos.

02 juin 2009 LES INVENTAIRES
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- Tu fais des inventaires de ta vie  tout le temps, tu me soules !

C’est sur ces mots qu’OSS est partie se coucher, mettant fin à une conversation dont j’ai oublié la teneur.

Je suis retourné devant mon ordinateur, penaud, calculer mes frais réels pour les impôts. Cela fait trois jours que je végète devant ce classeur plein de factures et de notes, à comptabiliser les dépenses de l’année 2008.

Le 12 mars, j’ai acheté une barrette mémoire de 1 giga à 22 euros 90, puis le 13, à 11h37 je suis allé boire un café allongé au Jaurès à 2 euros 40. Une année de ma vie est consignée à travers ces chiffres et ces numéros.

Des inventaires….

Je dois reconnaître que j’ai certaines obsessions avec les nombres.

Le matin, dès le réveil je monte sur la balance. pour un poids qui oscille entre 76 et 80. Ensuite je vais aux toilettes, et retourne me peser.  J’ai calculé que je perdais 10 grammes par seconde de pipi.   Après le footing aussi, j’ai besoin de savoir combien de kilos j’ai perdu. J’essaye alors de calculer le nombre de grammes éliminés par kilomètre parcouru. Puis le soir avant de me coucher, je me pèse à nouveau, pour savoir combien j’ai repris. Et ainsi de suite.

J’ai aussi une obsession avec la toile. En général, ça commence par mes mails. Puis je me retrouve embarqué par le flot des publicités promotionnelles,  à comparer les prix du dernier eeepc de chez Asus.  J’aime bien la technologie, déformation professionnelle oblige. Après avoir lu tous mes mails, je desends chercher le courrier.  Lorsque je remonte, je vérifie à nouveau mes mails, des fois qu’un nouveau message serait arrivé pendant ces quelques minutes d’absence. Quand j’en ai fini avec les messages, il m’arrive d’aller consulter mon compte en banque en ligne. Mon conseiller financier m’avait convaincu de placer de l’argent en bourse. A chaque visite je compte les euros perdus. Sans me résoudre à retirer ce qui reste.

Tous ces chiffres vont ensuite ce loger dans une case de mon cerveau. Ca me donne le sentiment qu’il s’est passé quelque chose dans ma journée.

La vie est vraiment dérisoire. Oss a raison. Je dois arrêter de penser à des choses aussi futiles et laisser tomber tous ces inventaires.

J’ai voulu éteindre mon ordinateur et aller me coucher.

Puis j’ai repensé au courrier que m’avait envoyé mon producteur la semaine dernière. Je n’avais toujours pas digéré ses reproches à mon égard.

Alors je me suis assis, et je lui ai écrit une lettre.

En faisant l’inventaire de toutes les démarches que j’avais entreprises sur mon film, et dont il ne semblait pas se souvenir.