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L'aventure d'un film » 2009 » mai

Archive for ◊ mai, 2009 ◊

25 mai 2009 L’OPPORTUNISTE
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Namir

Je comprends ton désir de travailler avec  Numéro 3. Je n’ai simplement pas aimé la manière dont s’est déroulée la « passation morale » du projet. J’ai trouvé ton attitude assez déplorable. Egoïste, opportuniste. C’est cette attitude qui nous a coupé les ailes et a mis à rude épreuve  notre « relation personnelle ». Tu plaideras la maladresse. Mais c’est dans la maladresse que les gens se révèlent. Et c’est cette « révélation », finalement, qui m’attriste le plus.
Bon courage pour la suite.

S……

Ces quelques lignes que S…., mon producteur m’a envoyées par mail me restent en travers de la gorge.  C’était après une réunion avec  numéro 3 où nous devions définir  les modalités d’un accord de coproduction entre lui et numéro 3 .  J’étais à l’origine de cette rencontre, suite à ma décision de travailler avec numéro 3. Je pensais naïvement qu’un accord de coproduction serait possible, qui donnerait satisfaction à tous.

S…   est parti le premier.  Il risquait de rater son train.

Je ne sais pas ce qui me fait le plus de mal dans ces quelques lignes.

Le fait qu’elles soient injustes.

Le fait qu’elles sont vraies.

Ou les deux à la fois.

Peut-être ai-je manqué de franchise et de courage dès le début. Non pas vis-à-vis de mon producteur. Mais vis à vis de moi-même.

Mais si ce que dit mon producteur est vrai, pourquoi cette vérité fait elle donc aussi mal ?

Est ce une résurgence de ce bon vieux sentiment de culpabilité chrétienne ?

A moins que ce ne soit simplement de la peur.

La peur d’un avenir que j’ignore.

Un avenir dans lequel notre relation ne sera plus jamais la même.

Un avenir dans lequel mon producteur ne sera plus le même.

Un avenir dans lequel je ne serai plus jamais  le même.

Maintenant il faut que j’aille chercher dans le dictionnaire la définition du mot « opportuniste ».

18 mai 2009 LE MONDE DE NAMIR
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Journée de travail avec Nicolas,  le chef opérateur du film et compagnon de longue date.

Encore des décisions à prendre et des choix à faire.

D’abord le format de tournage.

Après avoir hésité quelques jours, entre HD, 16 et 35mm,  nous optons finalement pour le super16mm.

Le 35 mm a été écarté. Trop lourd pour notre configuration.

La HD (Haute Définition) peut-être séduisante, surtout pour un travail d’étalonnage numérique en post-production, mais n’a pas une grande résistance aux contrastes.  Or nous tournons en Egypte. En plein été.

Le Super 16mm présente une image manquant parfois de définition dans les plans larges, mais globalement riche et satisfaisante. La principale contrainte du super 16mm tient au fait  qu’il nous faudra rappatrier le négatif non dévéloppé en France (il n’y a pas de laboratoire pour le super 16mm en Egypte) , sans passer par les rayons X de l’aéroport. Vrai problème.

Notre doute a finalement été dissipé en revoyant les essais que nous avions fait lors de précédents repérages.  Nous voilà maintenant décidés sur un format de tournage.

Reste à décider de la durée du tournage, de la nécessité d’un assistant caméra, du nombre de bobines de pellicules nécessaires par jour, de l’ordre du tournage des scènes, du dispositif à utiliser lors du tournage, du choix de machinerie, de l’éclairage et des objectifs caméra.

Comme nous partons en équipe réduite, la choix de chaque accessoire est discuté quant à son absolue nécessité. Chacune des petites décisions que nous prenons ce jour-là aura une incidence sur la réussite du film.

Une autre décision importante s’ impose à nous. La production vient de nous apprendre qu’elle ne peut pas s’engager sur la totalité du tournage cet été.

Autrement nous ne pourrons plus obtenir certaines aides, comme celle de Canal+ ou d’Arte qui imposent que la signature du contrat ait lieu avant le début du tournage. Or nous avons deux contraintes qui rendent le tournage obligatoire cet été :  Le pèlerinage de la Vierge qui a lieu une fois par an, en août, et ma grand-mère qui se fait de plus en plus vieille, et qui est un des personnages du film.  Dilemne.

Nous discutons avec Nicolas. Nous choisissons de négocier avec la production qu’une partie du tournage ait lieu cet été,  mais que le plus gros ait lieu après la réponse de Canal Plus. A condition que l’on ait la réponse de Canal plus avant fin septembre, et  que la deuxième partie du tournage s’achève avant la fin de l’année.

Nous commençons alors  à faire la liste des scènes prioritaires, à tourner cet été, celles qui ne pourront pas être reportées à plus tard. Déjà une quinzaine. Nicolas me demande si  la scène avec le photographe est prioritaire. Je lui réponds que le photogrape en question étant déjà mort, il n’est pas urgent de tourner la scène  cet été. Nous la tournerons plutôt en hiver.

Nicolas me regarde, visiblement perplexe.

OSS 118, qui assiste à notre discussion en toute discrétion, se tourne alors vers lui.

« Dans le monde de Namir, les gens sont immortels »

07 mai 2009 LE JOUR OU BOUYGUES RACHETA TF1
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En 1986, l’Etat décide de privatiser TF1.

Appel d’offres. Plusieurs concurrents se présentent.

Puis il n’en reste plus que deux : Hachette et Bouygues.

Duel au sommet entre deux magnats.

Enfin, la décision tombe : c’est Francis Bouygues qui rachètera la chaîne, et en deviendra président.

Lorsqu’il sort de sa réunion avec l’Etat où il vient d’apprendre qu’il a remporté cette victoire, des dizaines de journalistes l’attendent. Ils découvrent stupéfaits qu’il a la tête des mauvais jours.

Monsieur Bouygues, que se passe-t-il ? Vous ne semblez pas content de votre victoire…

Francis Bouygues hausse les épaules.

Je n’ai pas l’habitude de me flatter en cours de route. Le rachat de TF1 est une étape. Je pense déjà à la suite. C’est maintenant que le travail commence. Réussir le pari de transformer cette chaîne. Voyez-vous, mon métier m’a appris une chose  : toujours réfléchir avec une longueur d’avance.

A propos d’avance….

Ca y est, je l’ai !

Cette subvention qui va changer l’avenir du film. Et le mien.

Maintenant le film sera une réalité, et non plus seulement un désir.

Monsieur Bouygues, je sais que vous avez raison.

Rien n’est gagné. Il va falloir transformer la promesse en réussite.

Faire un bon film.

Permettez-moi juste de me réjouir un peu ce soir. Avec mes amis, l’équipe, et ma famille.

Parce que dès demain, les choses difficiles vont commencer.

Et je ne veux pas y penser ce soir.

05 mai 2009 NE NOUS SOUMETS PAS LA TENTATION
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20 Avril 2009.

La société qui produit mon film est encore jeune et peu expérimentée.

A plusieurs reprises  je me suis posé la question de partir travailler avec une production plus installée et solide.

Puis j’ai fait marche arrière :  je préférais  rester avec cette petite boite jusqu’au bout.

Par fidélité pour le travail accompli.

Pour garder ma liberté de travail.

Pour les convergences artistiques avec ma productrice.

Et pour un contrat intéressant pour moi,  si jamais le film génère des recettes.  ( Je n’arrive pas à admettre l’idée que je ne sois pas propriétaire de mon film ).

Pour des raisons stratégiques, j’avais déposé mon projet à l’avance sur recette sans y mettre le nom de la production. Dans certains cas cela peut-être un handicap. Le nom d’une société de production connue peut donner de la crédibilité à un projet.  Dans mon cas,  j’avais l’intuition que présenter mon projet avec cette production que personne ne connaissait serait un handicap, car cela pouvait susciter des inquiétudes.  Je ne me doutais pas alors des conséquences de cette décision.

Et puis, une semaine avant le passage de mon projet en plénière à l’avance,  j’ai été contacté par un producteur, (appelons-le numéro 3)  d’une grosse société de production.

Numéro 3 avait eu vent de mon projet par Numéro 1, un autre producteur de cette même compagnie. Numéro 1 était un membre important de la commission d’avance sur recettes. Il avait lu mon projet dans le cadre de cette commission et en a tout de suite parlé à numéro 3.

Numéro 3 m’a donné rendez-vous. Il avait lu mon scénario et me proposait de le produire.  Il pensait que je pouvais avoir l’avance sur recettes. Et m’a expliqué les sources de financements éventuels qu’il imaginait pour le film. Des sources que ma boite de production actuelle, par manque de notoriété ne pourrait pas obtenir.

Il voulait savoir si j’étais prêt à quitter ma petite société de production, et si je pouvais récupérer les droits sur mon film. J’ai eu peur que ma réponse ne conditionne le vote de numéro 1 au moment de la plénière.

J’ai donc laissé les portes ouvertes en disant qu’il fallait que je vérifie, mais qu’il me semblait que oui.

J’ai écouté attentivement numéro 3 m’expliquer ce qui l’intéressait dans mon projet.

Ensuite je suis rentré et j’ai prévenu ma productrice de cette rencontre. Inquiète, elle a convenu d’un rendez-vous pour que nous envisagions la suite. Je lui ai dit que je ne comptais pas partir. Mais je sentais bien que ce n’était pas clair dans ma tête et que je venais de mettre les pieds dans quelque chose de compliqué.

Maintenant je suis bien embêté.

Je déteste ce genre de situations.

Et je ne sais pas quelle est la bonne décision à prendre.

Peut-être parce qu’il n’y a pas simplement de bonnes décisions.

Juste des choix à faire.

04 mai 2009 OSS 118
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Un dîner avec un couple d’amis. Je leur parle d’un film que j’ai bien aimé :  OSS 117 .

Ils me regardent méfiants.  Je  leur certifie que le film est drôle et qu’ils vont passer un bon moment. Ils restes sceptiques.

Pour les convaincre, je leur raconte quelques scènes. Au bout de quelques secondes, je les sens se décrisper, puis sourire. A la deuxième scène, les voilà explosés de rire.

Quelques jours plus tard, je les  recroise.

- Alors  ?

- Alors quoi ?

- Oss 117. Ca vous a plu ?

Sourire gêné.

- Namir, tu sais, tu devrais faire du cinéma. Parce que quand tu nous a raconté le film, c’était beaucoup plus drôle que l’original.

Je regarde partir mes amis, feignant la tristesse pour eux, mais très heureux du compliment.

Ca tombe bien.  Je suis cinéaste.

Enfin, officiellement. C’est ma couverture.

Mon nom de code est OSS 114, je travaille pour les services secrets d’un pays que je n’ai pas le droit de citer.

Ma mère, elle, c’est OSS 73. Elle travaille pour un pays que je n’ai pas le droit de citer non plus, mais qui est ennemi du pays pour lequel je travaille. C’est un pays où les gens ne travaillent pas le samedi, se lamentent beaucoup et ne mangent pas de porc. Des fois ils font la guerre en bombardant des écoles et des hopitaux. Mais ce ne sont pas de vrais écoles, ni de vrais hopitaux. Ils parait même que les enfants morts ne sont pas de vrais enfants.   Evidemment ma mère mange du porc, et ne se lamente jamais le samedi pour ne pas se faire démasquer.

Quand j’habitais chez elle, elle voulait toujours  nettoyer ma chambre en mon absence, et ne pouvait s’empêcher de fouiller dans mes poubelles. J’ai bien essayé de cadenasser ma chambre, de lui interdire de la nettoyer, rien n’y faisait.

Au bout d’un certain temps, j’ai fini par comprendre que le meilleur moyen pour qu’elle ne fouille plus dans ma chambre, serait que je la nettoie moi-même. Mais c’était au dessus de mes moyens. J’ai préféré partir.

Maintenant j’habite avec OSS 118.

Elle me quitte le matin, devant mon écran d’ordinateur.

Et me retrouve le soir devant mon écran d’ordinateur.

A l’état de la maison, elle arrive à savoir en un coup d’oeil ce que j’ai fait de ma journée.

Ce qu’il manque dans le frigo, ce que j’ai mangé. Ce que je n’ai pas mangé.

Certains disent que l’amour est aveugle. Ils ne connaissent pas OSS 118.

Cet agent là sait tout de moi.

Enfin presque…

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04 mai 2009 Une semaine très dynamique
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En attendant la réponse du CNC, j’ai commencé à prendre des notes pour un nouveau projet de film.

Après des heures d’hésitations, j’ai eu envie de  relire les notes que j’avais prises pour d’anciens projets.

J’avais déjà abandonné plusieurs scénarios en cours de route sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être pour les laisser murir. Peut-être parce qu’ils ne m’étaient nécessaires. Ou peut-être aussi parce qu’écrire une fiction m’ennuie.  Très difficile de sortir des clichés et des conventions. Et je ne me sens pas encore assez sûr de moi pour m’aventurer dans des domaines plus impertinents.

Que faire ?

Les reprendre ?

Repartir sur un autre projet ?

Une histoire de fantômes ?

Non. Plutôt une comédie politique.

Ou alors une histoire biblique qui se passerait de nos jours…. Hmm….

Et pourquoi pas adaper ce roman égyptien qui me plait beaucoup ?

Et ce documentaire qui me tient à cœur  sur un camp dans une oasis en Egypte…

A moins de me concentrer sur cette entreprise dans laquelle je travaille, et sur laquelle j’ai pris un certain nombre de notes pour un film, entre fiction et documentaire…

Bon, alors sur laquelle de ces histoires j’aurai envie de passer deux, trois ou quatre ans ?

Plouf, plouf, plouf…

Ah, si j’avais un producteur…

(une semaine plus tard)

J’ai écrit trois pages.

Mangé une dizaine de tablettes de chocolats.

Et j’ai mal au ventre.

Je n’ai plus la force d’écrire quoi que ce soit.

Je trouve tout nul.

Même pas envie d’aller au cinéma.

Je crois qu’on appelle ça la déprime.