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L'aventure d'un film » 2009 » mars

Archive for ◊ mars, 2009 ◊

30 mar 2009 CES CHERS PARENTS
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Hier, je suis allé déjeuner chez mes parents. Comme souvent  le dimanche. Je les aime de plus en plus. Certains couples vieillissent mal. Eux, c’est l’inverse.

Après le repas, ils m’ont questionné sur mon film.Mon père voulait savoir où j’en étais.

Je lui ai expliqué que je saurai si j’ai passé le premier tour du CNC en fin de semaine. Puis la réponse définitve, dans un mois.  Si évidemment je passe le premier tour. Ils ont soupiré.

Et quand  je leur ai annoncé que j’allais perdre mon statut d’intermittent dans quelques jours, ils ont encore  soupiré.

Ma mère m’a alors dit qu’il fallait que j’arrête de faire des films personnels. Trop difficiles à vendre. Et que je m’adapte à l’air du temps. Par exemple, en faisant un film sur l’histoire de l’île Seguin. Cette île, à côté de chez mes parents, abritait autrefois les usines Renault. C’est maintenant un grand chantier. Ma mère était convaincu que le maire UMP de Boulogne Billancourt serait passionné par un tel sujet, et que je pourrais m’enrichir.

Cela a eu au moins le mérite de faire rire mon père.

Puis, j’ai essayé de les rassurer en  leur certifiant que, quoiqu’il arrive, j’allais tourner mon film cet été. Avec ou sans argent.

Evidemment,  ma mère n’a pu s’empêcher de me demander : « Sans argent, tu vas faire comment ? »

Hmm….

Ma mère m’a alors rappelé une promesse que je lui avais faite, dix ans auparavant.  Qu’à 35 ans je monterai les marches de Cannes, avec mon premier film.

J’en ai 34 aujourd’hui.

Bon, je risque d’avoir un peu en retard, c’est vrai…

Quelques jours plus tôt,  mes parents étaient allé au cinéma. Ma mère entraîné Waguih voir « Slumdog millionaire », un film bardé d’oscars. Mon père a trouvé ce film lamentable et a voulu sortir au bout de 15 minutes. Comme ma mère semblait aimer le film, il est resté jusqu’à la fin, bouillonnant.
En sortant, il a laissé éclater sa colère devant ma mère, se demandant comment on pouvait financer des films aussi stupides. Et surtout, comment on pouvait les récompenser. Puis sur le chemin, la colère a laissé place a de la tristesse. Ma mère lui a demandé ce qui n’allait pas.

Il lui a répondu :  » Chaque fois que je vais au cinéma, je pense à Namir. J’aimerai tellement aller dans un cinéma, et voir un film de lui à l’affiche « .

Puis il a haussé les épaules, et ils ont continué leur route en silence.

16 mar 2009 WORKSHOP
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J’ai passé dix jours passés en Syrie,  dont trois consacrés à un atelier de pitching et de réécriture.

Nous étions cinq réalisateurs à y participer. Trois égyptiens, deux libanais.  Plus quelques observateurs.

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Nous avons commencé par pitcher nos projets devant tout le monde. Exercice difficile, surtout lorsque les projets sont personnels.  Quatre des cinq projets abordaient des questionnements intimes de leurs auteurs, sur la famille, les origines ou l’identité. Cela me pose vraiment question.

Il y a dans le pitch une dimension intéressante qui oblige à aller à l’essentiel de ce que l’on veut raconter.  Surtout lorsqu’on parle dans une langue étrangère.Dans mon cas, l’essentiel était sans doute mon besoin de retourner en Egypte pour me réconcilier avec mon pays et renouer  avec ma famille. Classique.  Le pitch a aussi une dimension marketting qui me met mal à l’aise.  Convaincre les auditeurs.  Donner l’image de quelqu’un qui sait exactement ce qu’il veut.  Masquer ses doutes.  Je sais que cela fait partie de mon métier.  Mais je n’aime pas cela. Je sais le faire à Darty quand il s’agit de vendre une télévision. Mais demander à Namir de vendre du Namir, c’est autre chose. J’ai  si peur d’assumer que ce projet m’implique entièrement, que je le raconte avec un détachement trop artificiel. Et cela donne le sentiment que je ne suis pas très impliqué dedans.

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Les deux jours suivants, ont consisté à retravailler les dossiers de nos films. 1 page recto verso. Contenant le résumé du film, le style et la specificité du projet.

Les deux animateurs qui encadraient cet atelier sont des pointures du documentaire. Deux danois, très sympathiques et pédagogues.  Ils ont pointé ce qui manquait dans mon projet pour qu’il soit « sexy » :   Un enjeu dramatique fort.  Et renforcer la motivation de mon personnage :  Mon départ en Egypte, qui déclenche le film,  doit être une nécessité pour mon personnage. Et vraisemblablement, cela n’apparait pas encore suffisamment clairement.

C’est sans doute la question qui reste encore à résoudre pour que le pitch fonctionne : « Pourquoi le personnage décide-t-il de retourner en Egypte ? » ou plutôt, en quoi ce départ est vraiment nécessaire pour lui ?

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L’atelier s’est fini par une demi journée de rencontres avec des professionnels. Devant chacun d’eux, nous avons pitchés nos projets.  Leurs retours ont été instructifs. J’ai surtout pris conscience que la qualité des projets n’est nullement en cause quand il s’agit de pitcher.  Les annonceurs ne disent pas oui à un projet artistique, mais à une série de critères qui coincident avec leurs attentes, ou leurs créneaux de diffusion.  Parfois, ils sont simplement séduits par la prestation de l’auteur.  On en revient souvent à des choses aussi simples. Et j’ai encore du travail…

16 mar 2009 J’AURAIS VOULU ÊTRE SYRIEN
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La Syrie et l’Egypte ne sont qu’à quelques kilomètres de distance. Et pourtant…

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D’abord, la cuisine syrienne est bonne.  Moins grasse et plus  fine. N’en déplaise à ma mère, persuadée que tout est mieux en Egypte.

Et puis,  les syriennes sont moins grosses, et plus jolies. Elles ne sont pas toutes voilées. Certains compatriotes leur reprochent un goût prononcé pour des sous-vêtements douteux. Je n’ai pas eu l’occasion de m’aventurer sur ce terrain là.

De manière générale, les syriens sont plus tolérants et plus accueillants que les égyptiens. Même la religion en Syrie est plus paisible qu’en Egypte. Il suffit d’entendre le niveau sonore des appels à la prière pour s’en rendre compte.

Et puis, il y a encore des magasins où l’on peut acheter de l’alcool. Et des cafés où on peut en boire.  Et ce n’est pas réservé qu’aux touristes.

Bref, les syriens aiment bien la vie.

Bien sûr, comme partout les barbus essayent de s’implanter. Ils  gagnent du terrain. Mais le régime de Bashar semble encore être un rempart.  Si je devais choisir entre la dictature et l’islamisme je serai bien embêté. Je dois bien reconnaître que la dictature, ça a du bon.

Bon, évidemment,  il vaut mieux ne pas être kurde. Ni palestinien.  Ni opposant politique. Ni cinéaste indépendant.

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Mais pourquoi se plaindre toujours  de la censure ? Il ne faut pas oublier que les censeurs sont nos premiers spectateurs.

Parfois aussi les seuls.

Raison de plus pour les soutenir.

Ils voient absolument TOUS les films, des plus singulièrs aux plus scandaleux, et dans leur totalité. Peu  de sélectionneurs ont une telle exigence.

A force de tout voir,  certains employés de la censure deviennent extrêmement cultivés et cinéphiles, et finissent par démissionner de leur travail. A l’inverse, de plus en plus de cinéphiles, frustrés de ne pas voir de bons films en salle, n’ont pas trouvé de meilleure solution que de postuler au poste de censeur, pour assouvir leur passion pour le cinéma.

Alors, quand vous allez voir des films durant le festival, ne cherchez jamais à savoir qui est assis à côté de vous.

Certes, on peut regretter qu’il n’y ait pas de débats après les films :  les censeurs sont des puristes. Ils respectent la liberté individuelle des spectateurs. Ils sont convaincus que les films parlent d’eux-mêmes. Et les cinéastes dans les débats ne font que paraphraser, en moins bien, leurs oeuvres.

Franchement, les syriens devraient être fiers de la qualité de leur censure. Peu de pays en ont une d’un aussi haut niveau.

Au fond,  les syriens sont plus libres dans leur tête que les égyptiens. Ils ont une conscience politique plus développée.  Enfin, c’est mon impression.

Mais je reste tout de même fidèle à ma mère.

Fier d’être égyptien.

Fier de notre corruption, de notre pollution, de notre frustration et de nos chansons.

Sauf que parfois, quand ma mère hurle :

- Namir ! à table!

je me dis que j’aurais bien voulu être syrien.

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13 mar 2009 JEUDI 26 MARS – 18h30 – a l’IMA
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Poupées. Une Femme de Damas
de Diana El Jeiroudi
Syrie/Danemark – 2007 – 54 mn – Couleur
Manal est issue d’un milieu traditionnel damascène. On attend d’elle qu’elle soit une excellente femme au foyer même si elle rêve de retravailler et multiplie les démarches pour trouver un emploi. Chaque jour, à la télévision, le visage souriant de Fulla, la célèbre poupée arabe, hypnotise ses deux filles. Derrière ce sourire se trouve un directeur marketing qui sait bien que les traditions sociales de Damas sont des produits qui se vendent très bien. En incarnant ces traditions, Fulla a pu détrôner Barbie non seulement en Syrie mais dans tout le monde arabe.
Diana EL JEIROUDI a grandi à Damas et Bagdad. Elle est diplômée en littérature anglaise et a travaillé dans le marketing et la publicité. En 2002, elle a rejoint la fondation Proaction Film où elle s’est occupée de la production de films syriens et internationaux avant de se lancer dans la réalisation avec un premier documentaire, “Al Qaroura” (Le Pot), en 2005.

La projection sera suivie d’un débat en présence de la réalisatrice.

Entrée libre dans la limite des places disponibles


09 mar 2009 UN COLOC INATTENDU
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A l’hotel de Damas, où j’étais logé pendant l’atelier d’écriture, on m’avait pris une chambre double. Je ne savais pas pourquoi. Puis un matin, je me suis réveillé, et il était là.

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Il ne parlait pas anglais, ronflait très fort,  s’appelait Faysal et travaillait pour le festival.

J’ai du apprendre à cohabiter. Je n’avais pas le choix. Il a demandé à voir le film que j’avais fait sur mon père, ancien prisonnier politique.  Je me suis dit pourquoi pas.

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Un soir, je suis rentré dans ma chambre, il était là. Souriant. Lui aussi avait été communiste. Lui aussi avait été prisonnier politique. Je me suis détendu.

Nous avons fait connaissance. Faysal m’a dit qu’il allait se marier le mois prochain. Et qu’il aurait un fils qui ferait du cinéma, et qui ferait un documentaire sur son père et son passé de prisonnier politique.

Nous nous sommes marrés. Puis il est parti.

Maintenant je suis seul dans ma chambre. Et je m’ennuie de lui.

09 mar 2009 PERE ET FILS
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04 mar 2009 DEPUIS MA CHAMBRE
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02 mar 2009 Jeudi 19 mars 2009 – 16 h Palais de Chaillot
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Mafrouza – Oh la nuit !
d’Emmanuelle Demoris

(140’)
Au Bilan du Film Ethnographique – Festival Jean Rouch
Musée de l’Homme – Palais de Chaillot – 17 place du Trocadéro – 75016 Paris

Jeudi 19 mars 2009

début de projection à 16 h

* * *



* * *

Mafrouza est un projet de film en 5 épisodes, qui raconte sur deux ans la vie de quelques personnes à Mafrouza, quartier d’Alexandrie construit par ses habitants sur le site de la nécropole gréco-romaine de la ville.

La vie y est dure et précaire. Mais les habitants de Mafrouza semblent animés par une irrépréssible force de vie, quelque chose comme une folle aptitude au bonheur qui fait du quartier un étonnant espace de vitalité et de liberté.

Le film rencontre plusieurs personnes de Mafrouza, puis suivra sur deux ans leurs histoires, qui se répondent en une chronique polyphonique.
Au fil de ces récits, se raconte aussi la rencontre entre les gens de Mafrouza et celle venue les filmer, expérience de rencontre qui pose des questions de cinéma et, mais interroge aussi plus largement le regard que nous portons sur l’autre.

Premier des cinq épisodes, Mafrouza – Oh la nuit ! raconte l’arrivée dans le quartier.
Au détour d’une première visite archéologique, des rencontres se nouent progressivement.
Après une fête de mariage, rite d’entrée, qui nous plonge au coeur de la frénésie joyeuse et tendue du quartier, nous découvrons plusieurs personnes, en prenant le temps de nous approcher, pour être véritablement avec elles et découvrir comment chacune se bat pour vivre. Une femme fait son pain sous la pluie. Un homme vide l’eau de sa maison inondée. Des chiffonniers musulmans demandent protection à Saint-Georges. Un couple se raconte avec une étonnante liberté de parole sur l’amour.
Mafrouza – Oh la nuit ! ouvre une première plongée dans la vie du quartier, occasion d’ébrécher certains clichés fréquents sur cette partie du monde, mais aussi, en miroir, de questionner notre façon de vivre, ici en Europe (ou ailleurs).

* * *


image & réalisation : Emmanuelle Demoris – traduction : Rania Berro, Amir Younan Khaldas, Ilham Ibrahim, Mariam Hany, Doris Abuchar, Alexandre Buccianti, Karim Boutros Ghali – montage : Claire Atherton, Emmanuelle Demoris – son : Emmanuel Croset, Valérie Deloof
direction de production : Anne-Catherine Witt – production : Jean Gruault / Les Films de la Villa – coproduction : Studio des Arts Contemporains du  Fresnoy & La Vie est Belle Films associés / Céline Maugis – avec le soutien de la Région Ile-de-France et de la SCAM/Brouillon d’un Rêve

* * *

Mafrouza – Oh la nuit ! a été présenté dans les festivals suivants :
FID (Marseille) – Etats Généraux du Film Documentaire (Lussas) –– Ecrans Documentaires (Arcueil) – Escales Documentaires (La Rochelle) – Festival d’Automne & Images du Moyen-Orient (Jeu de Paume à Paris) – Di/Vision (Berlin) – International Film Festival (Göteborg) – Rencontres de Cinéma (Manosque) – Semaine Internationale du documentaire (Fès) – Visions du Réel (Nyon) – Dokfest (Munich) – Dockanema (Mozambique) – Viennale (Vienne) – Festival du Cinéma Arabe (Montreal) – Forumdoc (Belo Horizonte) – Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid – Regards sur le cinéma du monde (Rouen)

02 mar 2009 REVE
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Je me promenais dans une couloir immense. Au loin, j’entendais les bruits de la cour de récréation. Les salles du couloir n’avaient pas de porte, mais de grandes baies vitrées, si bien que je pouvais voir ce qui s’y passait. Dans chaque salle, de groupes de gens discutaient autour d’une table, une pile de scénarios  posée à côté d’eux. C’étaient les commissions secrètes du CNC.  J’ai commencé à être saisi d’une angoisse.  Discrètement j’ai regardé s’il y avait des gens que je connaissais, que je pourrais influencer, mais tous ces visages m’étaient inconnus.

Puis je suis arrivé dans une salle, où j’ai cru voir mon scénario entre les mains d’un lecteur.  Il était gros, frisé et portait des lunettes sales. Ils discutaient de mon film mais je ne les entendais pas.  Derrière la vitre, je regardais ces membres désinvoltes, en train de manger avec appétit, et cela me contrariait.  Je suis entré dans la salle pour les écouter.  Mais ils continuaient à manger leur sandwich, en parlant de tout autre chose. Puis ils sont passés au scénario suivant. J’ai essayé d’intervenir, de leur dire qu’ils ne pouvaient pas décider d’un projet sans l’avoir lu, mais ils ne m’entendaient pas. J’étais invisible. J’ai essayé de faire du bruit, de crier, mais en vain. Ils continuaient à manger leurs sandwich.

Puis je me suis réveillé. J’avais faim.

02 mar 2009 CHERCHER
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J’ai toujours été du côté de ceux qui cherchent la vérité, mais je les quitte lorsqu’ils croient l’avoir trouvée.

Luis BUNUEL (modèle de cinéaste)

Je ne cherche pas, je trouve.

Pablo PICASSO (un con connu)

02 mar 2009 MERCREDI 4 MARS 2009 – SRF
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Pour son prochain Bar des Réalisateurs, la SRF met à l’honneur le court métrage:

Mercredi 4 mars 2009 à 19h30
à la Maison des Auteurs (7 rue Ballu / 75009 Paris)

Nous vous invitons à venir débattre du Court Métrage sur France Télévisions

En présence de Roland N’Guyen, responsable du pôle court métrage & Christophe Taudière, conseiller de programmes

Le débat sera animé par le Bureau du Court Métrage de la SRF.

France 2 et France 3 sont deux importantes chaînes de diffusion et de financement du court métrage. Avec la suppression de la publicité sur les chaînes publiques après 20h30, quelles seront les nouvelles orientations de France Télévisions concernant ce format ? Outre l’avancement de l’heure de diffusion des émissions de courts métrages, des créneaux horaires se libèrent.
Le court métrage trouvera-t-il une place de choix dans les grilles de programmation ? France Télévisions devenant un « média global», que restera-t-il des deux guichets France 2 et France 3 ? Y aura-t-il un suivi des réalisateurs dans leur passage du court au long ?

Venez nombreux pour poser les questions qui vous tiennent à cœur.

Merci de confirmer votre présence à Julie : julieszymaszek@la-srf.fr ou 01 44 89 99 70


Julie Szymaszek
Société des Réalisateurs de Films
14, rue Alexandre Parodi
75010 Paris
Tel: 01 44 89 99 70 – Fax: 01 44 89 99 60

01 mar 2009 CINEMA – Viva La Muerte
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Dimanche 1 mars

Viva la Muerte de Fernando ARRABAL au Ciné 104

15 ans après, j’allais revoir au cinéma ce film qui figurait parmi mes préférés. Un film qui m’a influencé pendant des années.

J’avais une petite réticence. Peur que le film n’ait vieilli.

( En général, ce n’est pas tellement le film qui a vieilli, c’est moi. Poliment on dit : évolué, perdu en innocence, ou gagné en expérience)

Rohmer ne parlait d’un film que le lendemain de sa vision. Il fallait qu’il l’oublie, qu’il dorme, qu’il rêve et qu’il se réveille pour savoir ce qu’il lui en restait, et comment le film l’avait travaillé. Certains films nous marquent sur le coup, et il n’en reste pas grand-chose quelques jours après.

A l’inverse, d’autres nous marquent tellement qu’en les revoyant, on les trouve en-dessous de nos souvenirs.

En revoyant « Viva la Muerte »,  j’avais peur que le film ne me parle plus. Qu’il se soit éloigné de moi.  Il me touchait toujours autant. Mais d’une manière bien différente.

A l’époque, ce sont les scène de fantasmes du jeune Fando qui m’avaient le plus marqué. Un curé qui mange ses couilles. Un porc avec un coiffe de bonne soeur. Des enfants qui font la révolution.  Aujourd’hui ce sont les scènes réalistes  que j’ai trouvées les plus belles : elles  portaient en elle une charge  fantasmatique moins démonstrative que les scènes de fantasmes elle-même. Les scènes de fantasmes m’ont semblé ralentir l’action du film, et j’ai vu pour la première fois la force dramatique de moments que j’avais autrefois occultés., comme cette obsession de l’enfant pour savoir ce qu’était devenu son père, après que sa mère l’ait dénoncé aux autorités franquiste. Obsession qui traverse tout le film, et qui habite littéralement le gamin, même si elle n’est évoquée ouvertement que dans deux ou trois scènes du film. J’aime particulièrement la scène où il demande à sa mère si c’est elle qui a dénoncé son père.

Ce que je trouve le plus beau et le plus fort dans ce film, c’est comment Arrabal est parvenu à avoir autant de distance, et de poésie par rapport à cette histoire autobiographique. J’admire sa liberté par rapport à sa propre histoire, mais aussi dans la transposition, le jeu des acteurs et l’utilisation de la bande-son.

La force de ce film vient du fait qu’Arrabal croit à ce qu’il raconte, et cela transparait. Derrière l’artifice, derrière l’ironie et la provocation, la vérité est là.

La séance du film a eu lieu en présence d’Arrabal qui a pris la parole avant la projection

Dommage. Il n’était pas à la hauteur de son film.

J’aurai préféré qu’il se taise  et rester sur l’image que j’avais de lui.

Les films parlent parfois bien mieux des gens, que les gens eux-mêmes.

01 mar 2009 COURT-METRAGE Les veuves de 15 ans
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DVD – Jeudi 26 février

Les veuves de 15 ans

de Jean ROUCH

Un court métrage de 25 minutes sur les jeunes filles des années 70 réalisé par un vieux monsieur. Au début, ça peut sembler ringard, à cause de la mise en scène, du narrateur, puis je me suis laissé prendre par cette histoire pas si niaise que ça, et même plutôt cruelle sur la jeunesse, l’ennui, l’amour et la liberté. Et puis, retournement de situation, les personnages se révèlent plus complexes que les apparences, et le film profond et bouleversant. Encore une fois, les vieux se révèlent parfois plus jeunes que les jeunes eux-mêmes, et Rouch un observateur sensible et attentif de la France de ces années-là. Magnifique.

01 mar 2009 THEATRE – L’ordinaire
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THEATRE -  Jeudi 19 février

L’ordinaire

de Michel VINAVER à la comédie française

2h40. Ca pourrait sembler long, et je m’ennuie assez vite. Mais là. Rien à dire. C’était bien.

Le théâtre peut aussi apporter de belles émotions.

Le texte. Les acteurs. La mise en scène.

Un avion s’écrase dans la cordillère des andes. Les survivants essayent de s’en sortir comme ils peuvent. Se bouffent.  S’aiment. Le tout sur fond d’accords commerciaux et de multinationales. C’est profond, drôle et touchant. J’avais vu sa majesté des mouches avec mon pote Laurent Maurel au théâtre 13 où des enfants se retrouvaient sur une île. C’était bien aussi.  Mais là, il y  a quelque chose de plus contemporain, et de plus réaliste. L’ordinaire, quoi….

Y avait quelques vieilles peaux dans la salles qui s’attendaient à voir du boulevard. Elles ont eu quelques soubresauts caridiaques lorsqu’elles ont vu la jeune fille manger les intestins de son père.  Tant mieux.

Y avait un vieux tout en haut qui regardait en souriant. J’ai vu dans le livret, c’était Vinaver. Il vient voir les représentations. C’est classe.